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Albanie : le journaliste Mero Baze violemment agressé

Traduit par Mandi Gueguen
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 4 novembre 2009
Mise en ligne : jeudi 5 novembre 2009

Le journaliste a été roué de coups par cet homme d’affaires et ses gardes du corps. Mero Baze a été transporté à l’hôpital après avoir perdu connaissance. Ce n’est pas la première fois que le journaliste subit des agressions, cette année sa voiture a été brûlée.

Suite à cet événement, qui a engendré de très vives réactions de tous les médias albanais, le Président Bamir Topi est intervenu publiquement en demandant une amélioration de la législation sur les médias et en qualifiant d’inacceptable la violence perpétrée contre les journalistes.

C’était justement lors d’une rencontre sur le journalisme en Europe du Sud-ouest. Le chef de l’État a aussi déploré que les hommes politiques albanais s’immiscent très souvent dans les affaires des médias et aussi que certains d’entre eux soient sous l’influence des politiques.

Mero Baze est aussi le directeur de l’émission d’investigation « Faktori + » (celle qui a dénoncé et prouvé d’importantes affaires de corruption, dont la dernière en date qui a entraîné le limogeage du ministre de la Culture Ylli Pango).

La police albanaise a lancé un mandat d’arrêt à l’encontre de l’agresseur présumé, Rezart Taçi, qui se défend des accusations portées sur lui et prétend que Mero Baze n’a été attaqué que par ses gardes du corps.
Toujours sous le choc, Mero Baze précise que le vrai responsable de son agression n’est autre que Sali Berisha, qui protège Rezart Taçi.
Le journaliste ne croit pas à une action efficace ni de la part de la police dont la conduite est selon lui est « dictée » par d’autres, ni de la part d’un État, où un accusé redevient ministre (Fatmir Mediu, ancien ministre de la Défense, récemment nommé ministre de l’Environnement, que l’immunité a soustrait à l’enquête sur le drame de Gerdec, où explosait, en 2008, une fabrique de munitions).

Interviewé par Shekulli, Mero Baze a expliqué qu’il est conscient des risques de son métier. « Quand la société se dégrade, quand la liberté est menacée, le journalisme l’est aussi. Nous sommes condamnés à vivre avec le risque. Mais il nous incombe de faire notre travail. Le danger ne peut être endigué que par l’État de droit et un gouvernement qui donne le premier l’exemple de la lutte contre le crime. Malheureusement notre gouvernement est l’allié du banditisme, du mauvais esprit contraire à la liberté des médias et détracteur des standards de liberté dans tout le pays », concluait le journaliste Mero Baze, amer.

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