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Albanie : l’opposition dans la rue pour réclamer le recomptage des voixTraduit par Mandi Gueguen
Mise en ligne : dimanche 22 novembre 2009
Du vendredi 21 au dimanche 23 novembre, plusieurs dizaines milliers de personnes manifestent sous les fenêtres du Premier ministre Sali Berisha pour réclamer que l’on ouvre les urnes des élections législatives de juin 2009, remportées de très peu par le PD de Sali Berisha sur l’opposition socialiste menée par Edi Rama. Les socialistes qui ont immédiatement dénoncé les irrégularités du scrutin continuent de demander que les voix soient recomptées.
Plus de 100.000 manifestants ont envahi la place Skanderbeg au centre de Tirana. Des tentes ont été dressées devant le siège du Premier ministre. Edi Rama, chef du Parti Socialiste, est l’instigateur du mouvement de protestation démarré le mois dernier et qui demande au Premier ministre, Sali Berisha, de recompter les bulletins de vote concernés par la fraude lors des dernières élections de juin 2009. Edi Rama a passé la nuit dans une des tentes pour prouver le sérieux de cette manifestation qui durera trois journées entières. Les socialistes précisent qu’ils continueront à protester leur jusqu’à ce qu’ils soient entendus par le gouvernement ou que ce dernier tombe. L’électorat albanais a massivement répondu à cet appel et a rejoint les socialistes pour l’ouverture des urnes du 28 juin 2009. La manifestation, qui a débuté vendredi 20 novembre, est placée sur le signe de la liberté volée : « C’est la plus grande protestation pour que la liberté qu’on nous a volée nous revienne. Vous dénoncez aujourd’hui le crime de Sali Berisha à l’unanimité. Nous sommes unis contre ce mal qu’il représente. J’ai un rêve, que les Albanais soient libres qu’ils vivent librement dans leur pays. L’Albanie est un État européen libre, alors nous voilà, prêt à abattre la tyrannie en Albanie et à exiger la réouverture des urnes du juin dernier », a déclaré le président du Parti Loi et Justice, l’avocat Spartak Ngjela. Sali Berisha semble déjà habitué aux manifestations qui se déroulent sous ses fenêtres, il est apparu à l’une d’entre elles, placide en saluant d’un geste de la main les manifestants. Il a aussi précisé qu’il n’entend aucunement accéder aux revendications de l’opposition et que la décision de l’UE d’accepter le dossier de candidature de l’Albanie à l’entrée dans l’Union est un véritable blanc seing pour le processus électoral. L’ambassade des États-Unis à Tirana s’est exprimée à travers une déclaration à la presse où elle a fait appel au calme. « L’Ambassade des États-Unis soutient tout à fait le droit et la liberté de l’expression et du rassemblement pour quiconque. Une telle expression doit rester pacifique et ne pas nuire aux droits d’autrui. Nous appelons tous les Albanais, participants, gardiens de la paix, responsables de tous niveaux, à exercer leur droit et leurs responsabilités dans le calme et le respect de tous ». La manifestation de trois jours organisée par le Parti Socialiste mené par Edi Rama et les leaders des partis de l’opposition s’est close dimanche soir. Aucun incident majeur n’a été enregistré. Les manifestants, irrités par l’attitude arrogante du Premier ministre Sali Berisha, ont jeté des œufs sur les voitures officielles. Dans son discours de clôture, EdiRama a bien précisé que le mouvement est à son paroxysme et qu’il s’étendrait au reste du pays tant que Sali Berisha n’acceptait pas l’ouverture des urnes ou qu’il démissionnait du gouvernement. Selon le premier intéressé personne ne peut revenir sur le jugement établi par le tribunal qui n’a pas donné satisfaction aux socialistes, la question est donc close et selon ses mêmes affirmations « même Enver Hoxha, sorti de sa tombe, ne peut être plus fort que les tribunaux ». |
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