Par Mehdi Chebana

- Sauf rebondissement, Traian Băsescu assurera un second mandat
Un État, deux présidents. Voilà un scénario qui aurait pu inspirer Eugène Ionesco, le maître de l’absurde. La scène se passe en Roumanie, un pays durement touché par la crise économique et paralysé, depuis deux mois, par une forte instabilité politique. Dimanche soir, alors que 18 millions d’électeurs attendent le nom de celui qui les dirigera pendant cinq ans, coup de théâtre. Les deux candidats revendiquent la victoire.
Selon trois sondages à la sortie des urnes (Insomar, Curs et CCSB), le social démocrate Mircea Geoană, à la tête d’une large coalition anti-Băsescu ( lire par ailleurs ), bénéficie d’une courte avance sur le président sortant. Il n’en faut pas plus pour le voir crier victoire et remercier ses partisans.
« Nous avons vaincu ensemble », déclare-t-il, le visage radieux. « Notre victoire est celle de tous les citoyens qui veulent une vie meilleure. C’est une belle soirée pour la démocratie roumaine ! ».
Pourtant, au même moment, Traian Băsescu se réjouit, lui aussi, auprès de ses fidèles. « J’ai gagné, comme en 2004, je vous assure que j’ai devancé Geoană », lance-t-il. L’ancien capitaine de la marine marchande mise sur le fait que les premières estimations portaient sur les réponses des électeurs à deux heures de la clôture du scrutin et ne prenaient pas en compte le vote des dizaines de milliers de Roumains de l’étranger qui lui sont traditionnellement favorables.
Des résultats quasi définitifs en faveur du président sortant
Contrairement à ses trois concurrents qui créditaient Mircea Geoană d’une avance allant de 1,6 à 3,2 points, l’institut CSOP a annoncé une égalité parfaite entre les deux rivaux à la sortie des urnes. Avant d’affiner ses chiffres dans la soirée en faveur de Traian Băsescu (50,4%).
Ces prévisions ont été confirmées par le Bureau électoral central qui a communiqué, lundi matin, les résultats quasi définitifs pour ce scrutin. Après décompte de 95,4% des bulletins de vote, Traian Băsescu a récolté 50,43% des suffrages contre 49,57% à son rival. Il devrait donc, sauf rebondissement, décrocher un second mandat.
Sa première mission sera de nommer un premier ministre capable de mettre un terme à une grave instabilité politique, doublée d’une récession qui a contraint la Roumanie - longtemps championne de la croissance européenne - à contracter un prêt de 20 milliards d’euros auprès du Fonds monétaire international.
Devant l’enjeu du scrutin, près de 58% des électeurs roumains se sont rendus aux urnes dimanche. Un taux de participation en hausse de trois points par rapport au premier tour du 22 novembre.



















