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To Vima
Grèce 2008-2009 : le retour des émeutes ?Traduit par Laurelou Piguet
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 3 décembre 2009
Mise en ligne : lundi 7 décembre 2009
Dimanche 6 décembre, des manifestations commémorant le premier anniversaire de la mort d’Alexis Grigoropoulos, l’événement déclencheur des émeutes de décembre 2008, étaient organisées dans plusieurs grandes villes de Grèce. Il y a quelques jours, l’éditorialiste de To Vima écrivait que la situation avait bien changé depuis. Mais la rue lui a donné tort. Hier, les rassemblements ont dégénéré en affrontements avec la police, et des centaines de personnes ont été arrêtées...
Par Antonis Karakousis
Un an après les incidents de décembre 2008, la plupart des gens se rappellent le meurtre horrible et gratuit du jeune lycéen Alexis Grigoropoulos, ainsi que l’explosion de violence des jeunes et les destructions qui l’ont accompagnée. Avec un an de recul, chacun peut à présent envisager d’une façon plus sûre et plus précise les conditions de cette tempête sociale. Le pays était alors gouverné par une équipe politique sans énergie, sans crédit, et moralement usée par les scandales, les autorités chargées de la sécurité vivaient des jours de complète désorganisation et de dispersion, et la société bouillonnait. Dès lors, le gouvernement Karamanlis a commencé à être rejeté par la population et mis sérieusement en doute. Dans ce contexte, un événement tragique et imprévu comme la mort de ce jeune homme a provoqué une vague d’émeutes chez les jeunes, qui a pris en quelques heures une dimension incontrôlable. Pendant des jours, le pays s’est trouvé dans une situation de grande confusion, le centre d’Athènes a été incendié et dévasté plusieurs fois, le gouvernement et les autorités ont été littéralement paralysés, et un sentiment de peur et d’insécurité a envahi les citoyens. Ce n’est qu’après un mois de troubles et d’incidents violents que la situation s’est apaisée. Depuis, beaucoup de choses se sont passées. Une partie de la jeunesse, influencée par la révolte de décembre 2008, s’est radicalisée encore davantage, les partisans de la violence révolutionnaire ont recommencé à rêver, certains pensant que le contexte était idéal pour la venue de « grands événements ». De nouveaux groupes armés, plus agressifs, sont apparus sur le devant de la scène, et ont provoqué des situations encore jamais vues. Dans le même temps, l’économie s’est enfoncée dans la crise, le gouvernement Karamanlis s’est écroulé sous le poids de la situation, les élections sont intervenues et le peuple a choisi le changement, il y a maintenant deux mois. Aujourd’hui, le pays se bat pour se remettre debout, amorcer un nouveau départ, surmonter l’angoisse de la crise économique et la menace de la faillite, retrouver le chemin du développement et du progrès, retrouver l’espoir perdu. Personne ne peut imaginer aujourd’hui que le pays, avec les problèmes qu’il rencontre, supportera de se trouver pour la deuxième année consécutive dans un tel cycle de violence incontrôlée et de destructions, en raison de la commémoration du meurtre d’Alexis Grigoropoulos. Les conditions, le climat général, l’atmosphère et nos capacités de résistances sont différentes. Tous ceux qui rêvent d’un nouveau « Décembre 2008 » doivent le savoir. |
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