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BIRN
Copenhague : les pays des Balkans restent passifstraduit par Stéphane Surprenant
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 16 décembre 2009
Mise en ligne : jeudi 17 décembre 2009
Alors que le sommet de Copenhague se poursuit dans le but d’un accord environnemental, la voix des états des Balkans se fait trop discrète. Le dérèglement climatique pourrait être fatal dans les années à venir pour les Balkans, qui ne semblent pas se montrer très concernés par cette menace.
Tirana
Dans les Balkans, cependant, la conscience écologique est loin de figurer au sommet de l’agenda politique, si l’on en juge par le niveau de réaction aux actuels pourparlers. Les délégations issues de la région ont été jusqu’à maintenant inertes à Copenhague, une attitude décriée par les écologistes, qui estiment que pareille léthargie contraste avec les menaces de changements climatiques qui planent sur le sud-est de l’Europe. La plupart des États représentés aux discussions sur le réchauffement planétaire ont serré les rangs autour de l’un des groupes de pression présents à la conférence : le G77, une organisation formée de 130 pays en voie de développement, de l’Union africaine, de l’Association des petits États insulaires, des pays membres de l’Opec, de la Chine, des États-Unis, des grands pays en plein essor économique comme l’Inde et le Brésil, de l’Union européenne, de la Coalition pour les forêts humides, ainsi que des anciennes républiques soviétiques. En ce qui concerne les états des Balkans de l’Ouest, ils ne se sont déclarés solidaires à aucun groupe précis. Aucun d’entre eux n’a émis non plus la moindre proposition pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. « Ils n’ont pas été très actifs, parce qu’ils ne font pas partie officiellement des groupes impliqués dans les négociations, ce qui a pour résultat que leurs voix ne sont vraiment entendues pendant le sommet », explique Katerina Husova, coordinatrice en matière de changements climatiques pour l’organisation environnementaliste et régionale CEE Bankwatch Network. Katerina Husova croit que les pays des Balkans de l’Ouest, qui cherchent par tous les moyens à devenir membres de l’UE, devraient suivre avec la plus grande attention le déroulement des négociations en cours à Copenhague. Car ils devront en effet adopter à plus ou moins court terme des législations environnementales compatibles avec celles en vigueur dans l’Union européenne. Des experts ont déjà lancé des avertissements : dans un avenir pas si lointain, inondations et sécheresses risquent d’avoir un impact dévastateur dans les Balkans. De fortes variations dans les ressources hydriques disponibles et de gigantesques incendies de forêts pendant l’été sont probablement aussi à prévoir, conséquences d’une planète dont le climat se réchauffera vite. « Si la dictature [communiste] est derrière nous depuis presque vingt ans, les impacts tangibles des changements climatiques, eux, se produiront de façon tangible bien avant vingt ans… », prévenait récemment Camille Nuamah, directrice au niveau national de la Banque mondiale en Albanie. Puisque, encore aujourd’hui, les pays de l’Ouest de la péninsule balkanique se préoccupent avant tout de se remettre sur pied après les conflits sanglants des années 90, ils ne se préparent pas à ce que l’avenir nous réserve en termes de menaces ; et à ce qui pourrait fort bien se révéler des événements d’ampleur catastrophique, craignent les experts. « Avec des ressources naturelles qui deviendront plus rares, la pression va augmenter sur tous les gouvernements [de la région], de même que sur toutes les populations locales », s’inquiète Katerina Husova. « Il existe donc un risque réel que les changements climatiques provoquent un jour des conflits régionaux autour de ressources raréfiées », conclut-elle. |
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