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Bulgarie : un référendum pour supprimer le bulletin d’infos en langue turque de la télé publique ?

Traduit par Stéphane Surprenant
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 17 décembre 2009
Mise en ligne : lundi 21 décembre 2009
Le parti nationaliste Ataka réclame la tenue d’un référendum pour supprimer le bulletin quotidien d’informations en langue turque de la télévision nationale BNT, soutenant que le bulgare est la seule langue nationale de la Bulgarie. Le Premier ministre Borisov soutient cette initiative qui provoque un tollé dans l’opposition socialiste, mais surtout en Turquie. Ankara a officiellement dénoncé ce projet.
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Volen Siderov, le dirigeant d’Ataka

Le ministre des Affaires étrangères de la Turquie a déclaré suivre de près la tenue possible d’un référendum en Bulgarie sur la diffusion d’un bulletin de nouvelles quotidien d’une durée de dix minutes en langue turque.

Le Premier ministre de la Bulgarie, Boyko Borisov, a dit qu’il soutenait l’idée d’un référendum. Le scrutin est une initiative du parti nationaliste Ataka, qui fait d’ailleurs partie de la coalition formant le gouvernement de Boyko Borisov.

Réagissant à la nouvelle, le ministre des Affaires étrangères de Turquie a indiqué qu’il comptait suivre avec beaucoup d’attention les réactions à ce dossier en Bulgarie. « Nous nous attendons à ce que le gouvernement bulgare fasse les efforts nécessaires pour que le sujet soit traité par le dialogue, dans un cadre où prévaudront les lois de la démocratie et les droits fondamentaux de la personne », indique le communiqué du ministère émis jeudi 17 décembre 2009.

Quelques heures après la diffusion de ce communiqué, les Premiers ministres des deux pays ont discuté de la question au téléphone. Boyko Borisov a cherché à rassurer son homologue turc, qui craint que le débat ne dérape, a rapporté l’agence de presse Novinite.

Le bulletin de nouvelles en question dure 10 minutes et est diffusé, cinq jours par semaine à 17h, sur les ondes de la Télévision nationale bulgare (BNT), et ce depuis 2000.

Le parti Ataka fait campagne depuis plus de cinq ans contre ce bulletin de nouvelles en langue turque sur la BNT. La formation politique nationaliste martèle que la langue officielle dans le pays est le bulgare et qu’il n’y a pas de place pour une émission en langue turque sur la télévision publique.

Les Turcs constituent la minorité la plus importante de Bulgarie. Ils représentent presque 10% de la population.

L’opposition socialiste s’en est pris avec virulence à l’idée du Premier ministre Borisov. Un député socialiste au Parlement bulgare, Anton Kutev, a fustigé la décision du gouvernement de planifier le gaspillage de 20 millions de levas dans « un référendum inutile ». Il a ajouté que cette somme serait bien mieux employée si elle servait à aider les retraités.

Le Président Georgi Parvanov, pour sa part, a déclaré qu’il croyait que Boyko Borisov était tombé dans un piège tendu par le parti Ataka.

Le Premier ministre Borisov a justifié son soutien en arguant que le référendum mettrait un terme une fois pour toutes au débat qui fait rage depuis quelques années.

« Il s’agit d’une situation très délicate et nous ne voulons pas que la question soit exploitée contre les musulmans de Bulgarie, ni par ceux-ci. C’est pourquoi j’appuie l’idée de résoudre le problème par un référendum, parce que c’est la manière la plus démocratique de le faire », a expliqué le chef du gouvernement.

Il a également précisé qu’il existait déjà suffisamment de contenu disponible en d’autres langues sur les chaînes régionales et les chaînes de télévision cablées, de même que dans d’autres médias, pour que les gens puissent accéder à des nouvelles en langues étrangères sans qu’une émission ne soit diffusée par la télévision ou la radio d’État.

« Nous ne souhaitons pas que les différentes minorités se sentent mises de côté. Mais bientôt, nous pourrions voir les Rroms réclamer eux aussi des nouvelles dans leur langue… », a plaidé Boyko Borisov, répétant que la langue officielle de la Bulgarie était le bulgare. Quant au chef du parti Ataka, Volen Siderov, il a fait savoir qu’il avait recueilli 48 signatures de parlementaires qui se prononçaient en faveur de la tenue du référendum.