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BIRN
Croatie : l’ancien Premier ministre Ivo Sanader annonce son retour en politiqueTraduit par Simon Rico
Mise en ligne : lundi 4 janvier 2010
Dimanche 3 janvier 2010, Ivo Sanader, qui avait précipitamment démissionné de ses fonctions de Premier ministre et de président du HDZ en juillet dernier, a annoncé son retour aux affaires lors d’une conférence de presse à Zagreb. Une décision qui a déclenché l’indignation de toute la classe politique. Ivo Sanader serait impliqué dans plusieurs affaires de corruption qui gangrènent la vie politique croate depuis plusieurs mois. Le HDZ a annoncé qu’il excluait Ivo Sanader de ses rangs.
Dimanche 3 janvier, l’ancien Premier ministre Ivo Sanader a stupéfié la Croatie en annonçant sont retour en politique, un changement qui, selon certains officiels, pourrait encore fragiliser la coalition gouvernementale du HDZ, le parti conservateur. « La décision de me retirer de la politique était totalement mauvaise » a estimé Ivo Sander lors de sa conférence de presse organisée en hâte à Zagreb. L’ancien Premier ministre a justifié son retour aux affaires après sa démission surprise l’été dernier par la faible visibilité du candidat du HDZ, Andrija Hebrang, lors du premier tour des élections présidentielles le 27 décembre. « J’ai pris cette décision parce que le HDZ a obtenu son plus mauvais résultat depuis sa création en 1989 lors du premier tour » a déclaré M. Sanader. « Ce résultat est grandement lié au manque de leadership dans le parti. » Andrija Hebrang a obtenu à peine 12% des voix, ce qui ne lui permet pas de participer au second tour, qui opposera le candidat du SDP, Ivo Josipović, à Milan Bandić, maire de Zagreb et dissident du SDP. À l’été 2009, Ivo Sanader avait démissionné de ses fonctions de Premier ministre de Croatie mais aussi de président du HDZ, laissant ces deux postes à la députée Jadranka Kosor. Il avait néanmoins conservé le titre ambigu de président honoraire du parti conservateur. Sanader a déclaré qu’il entendait désormais jouer un rôle actif dans le parti et qu’il souhaitait reprendre son siège au Parlement, qu’il avait mis en attente après sa nomination au poste de Premier ministre en 2003. Cela pourrait conduire à une opposition avec l’actuelle Premier ministre, Jadranka Kosor, qui n’était visiblement pas au courant de son intention de revenir en politique. La direction du HDZ a appelé à une réunion qui devait se tenir le matin du lundi 4 janvier pour discuter de ce retour. Les trois autres partis membres de la coalition n’avaient, eux non plus, pas été informés. Le Parti libéral croate (HSLS) a réitéré son soutien à Jadranka Kosor et à la politique que le HDZ menait sous sa direction. « Si Sanader entend exercer une influence sur les décisions du gouvernement ou sur celles de la majorité parlementaire, nous nous retirerons de la coalition » a répliqué Darinko Kosor, président du HSLS. « Nous soutenons totalement Jadranka Kosor » a déclaré Josip Frisić, président du HSS, le parti paysan croate. De son côté, Milorad Pupovac, vice-président du SDSS, le parti démocratique indépendant serbe, a condamné le choix d’Ivo Sanader, affirmant qu’il était préférable « pour le gouvernement et pour la Croatie qu’il ne revienne pas en politique ». « Nous voyons cela... comme une volonté de déstabiliser le gouvernement et la scène politique croate dans le but de stopper les mesures pour lutter contre la corruption et contre la crise économique qui sont actuellement mises en place » a-t-il conclu devant un média local. Bien que la conférence de presse d’Ivo Sanader ait été suivie par 15 parlementaires du HDZ dont le porte parole du Parlement Luka Bebić, Jadranka Kosor semble bénéficier du soutien d’une grande majorité des membres du parti conservateur. Au moins trois des parlementaires présents ont affirmés qu’ils n’avaient pas été « informés des détails » de la conférence de presse et qu’ils y avaient été invités en tant que membres du Parlement. Ils ont exprimé leur soutien total à la Premier ministre et ajoutés qu’ils ne souhaitaient pas « être manipulés ». Ces derniers mois, le gouvernement croate a fait face à plusieurs scandales de corruption qui, selon les médias, impliquent la responsabilité d’Ivo Sansader et d’autres membres du HDZ. Jadranka Kosor a pris ses distances avec son prédécesseur et encouragé la police et la justice à enquêter sur les activités de l’ancienne aile forte du HDZ. Certains médias ont attribué la démission rapide d’Ivo Sanader en juillet 2009 à sa volonté d’éviter toute mise en cause dans une affaire de corruption. Il a réfuté ces allégations, déclarant qu’il avait quitté ses fonctions car il n’était « pas prêt à brader le territoire croate » pour obtenir l’adhésion de la Croatie à l’Union européenne. Au moment où Sanader a démissionné, les discussions entre Zagreb et Bruxelles étaient au point mort à cause du différend qui opposait la Croatie et la Slovénie à propos du Golfe de Piran. Depuis, Jadranka Kosor et Borut Pahor, son homologue slovène se sont mis d’accord sur ce point grâce à une médiation internationale. « Ivo Sanader a choqué la Croatie et perturbé la scène politique, mais je crois qu’il a fait le mauvais choix » a estimé la journaliste de Radio 101, Silvija Separović, auprès de Balkan Insight. « Il ne bénéficie du soutien que d’une petite minorité du HDZ, et il fait face à ce que j’appellerai un bloc contre lui et son action au sein de la classe politique croate » a-t-elle ajouté. |
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