Le gouvernement a commencé à évacuer massivement les habitants des zones inondées dans les environs de Shkodra. Or, de nombreuses personnes refusent d’abandonner leurs habitations, malgré le caractère alarmant de la situation. La police a dû intervenir pour évacuer de force les femmes et les enfants. Les personnes ainsi déplacées ont été abritées dans des internats, des hôtels et des casernes militaires de la ville de Shkodra. Ceux qui en avaient la possibilité, ont été logés chez des proches.
La montée du niveau des eaux a déjà fait déborder les fleuves de Drin et de Buna. L’axe routier qui relie Shkodra et Velipoja est totalement coupé et impraticable.
Après avoir tenté de montrer qu’il avait la situation en main, le gouvernement albanais a commencé la nouvelle année par une réunion de crise, car aucune amélioration de la situation ne semble se profiler dans les dix jours à venir. Après la réunion, le Premier ministre, Sali Berisha, a fait savoir que le pays est au bord d’une réelle catastrophe. Un Comité Interministériel des urgences civiles a été mis en place, présidé par le ministre de l’Intérieur, Lulzim Basha. Les données officielles font part de près de 4 mille hectares de terres inondées, rien que dans le district de Shkodra, dont 300 dans la ville elle-même. Le ministère de l’Intérieur a distribué uniquement 200 repas d’urgence, alors que la demande ne fait qu’accroître.
Ironie du sort, le Premier ministre a choisi de suivre la même stratégie que ses adversaires politiques socialistes lors de la catastrophe similaire de 2004. A l’époque Sali Berisha, qui accusait le directeur du KESH (Corporation Energétique Albanaise) de corruption dans les processus d’importation d’énergie électrique, avait déclaré que les inondations étaient volontaires. La KESH aurait ouvert les vannes de la centrale hydro-électrique du Vau i Déjà. Aujourd’hui, le gouvernement est suspecté d’avoir ouvert non seulement les réserves hydroliques de Vau i Déjà, mais aussi celles de Koman et de Fierza. L’objectif reste le même qu’en 2004, par ce biais on sauve les centrales électriques.
Les débordements des centrales se poursuivront dans les jours à venir. Les spécialistes les justifient par le fait que les turbines de centrale de Fierza ne peuvent convenablement fonctionner au-delà de 290 mètres cubes. Les pluies prévues dans les jours à venir vont encore aggraver une situation déjà critique et menacer le nord de l’Albanie dont les habitants semblent être laissés à leur triste sort.


















