Logo le Courrier des Balkans, le portail francophone des Balkans
filet
Serbie : les meurtriers de Đinđić et de Pukanić tentent de s’enfuir de prison - Grèce : un mur contre les clandestins - Serbie : à Bujanovac, des noms de rue qui divisent - Macédoine : un gouvernement « baroque » - Serbie : la Save et le Danube pris par les glaces - 
Balkanophonie Abonnez-vous
La boutique en ligne A propos Livres ong liens Agenda
forums

BIRN

Serbie : désaccords sur les nouvelles divisions territoriales

Traduit par Jacqueline Dérens
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 14 janvier 2010
Mise en ligne : mercredi 3 mars 2010
La nouvelle loi de réorganisation régionale en Serbie qui va réduire les six municipalités existantes à deux entités régionales préoccupe de plus en plus es dirigeants politiques bosniaques de Serbie. Ils voient dans ce redécoupage une dilution des droits des minorités et un sabotage de leurs efforts à développer la région. De plus, si le gouvernement revient sur sa promesse de faire de la région une seule unité territoriale, condition préalable exigée par les partis bosniaques avant d’entrer dans la coalition gouvernementale, ceci les amènera à revoir leur coopération avec la coalition au pouvoir.

Par Zoran Maksimović

Certains partis agitent même la menace de mener campagne pour un référendum pour que toutes les municipalités soient réunies dans une seule unité territoriale.

« Dans ce contexte nouveau, nous avons demandé au Premier ministre Mirko Cvetković de prendre la décision de mettre les six municipalités du Sandzak dans une seule région au cours de la prochaine session du gouvernement afin que les Bosniaques qui habitent la région depuis des siècles puissent exercer leurs droits », explique le député de la Liste bosniaque pour un Sandžak européen, Esad Džudžević.

Pour lui, un appel à un référendum serait en accord avec la loi et la constitution. Ils demandent instamment aux habitants de Novi Pazar et Tutin de choisir le rattachement de leurs municipalités aux autres municipalités du Sandžak afin qu’elles appartiennent à une seule unité territoriale.

« Je ne dis pas que Novi Pazar deviendrais le centre administratif, on peut choisir Prijepolje. Et je suggère aussi que l’on rende officiel l’usage des deux noms : la région du Sandžak ou la région de la Raska ».

La proposition de diviser les six municipalités en deux unités territoriales a uni les frères ennemis politiques, le Parti social-démocrate de Rasim Ljajić et le parti de l’Action démocratique de Sulejman Ugljanin.

Rasim Ljajić soutient que le rattachement de six municipalités (Novi Pazar, Tutin, Sjenica, Nova Varos, Priboj et Prijepolje) en une seule région a un sens en terme économique car elles sont les moins développées de la Serbie.

« Nous ne parlons pas de question ethnique ou politique dans notre demande, nous parlons d’économie. Par exemple, la construction de routes serait beaucoup plus facile dans ces six municipalités parce que la situation de leurs infrastructures est la même. C’est là que l’on trouve le moins de routes asphaltées de toute la Serbie ».

Les Bosniaques sont majoritaires à Novi Pazar, Tutin et Nova Varos alors qu’ils sont minoritaires à Preboj et Prijepolje. Les Bosniaques appellent cette région de la Serbie, le Sandžak et les Serbes l’appellent la région de la Raska.

Les Serbes craignent qu’en regroupant les six municipalités en une seule région, cela renforce la position des Bosniaques à leur détriment. « Nous ne voulons pas que Novi Pazar devienne un centre administratif et nous ne sommes pas d’accord pour la formation d’une seule région du Sandžak. Les Serbes y sont fortement opposés. Nous manifesterons, nous bloquerons les routes, les chemins de fer, s’il le faut nous irons manifester devant les bâtiments gouvernementaux à Belgrade », tonne le maire de Priboj, Lazar Rvović.

La nouvelle division territoriale de Serbie prévoit un découpage en sept régions et Sjenica, Nova Varos, Prijepolje feraient partie de la région ouest, Novi Pazar et Tetin de la région centre. Le but est d ‘améliorer le développement économique en regroupant des municipalités plus ou moins développées.

Des représentants de l’Institut national des statistiques qui ont mis au point la carte affirment qu’il est impossible de mettre les six municipalités dans la seule région du Sandžak car celle-ci serait alors beaucoup plus grande que toutes les autres régions. Ils affirment aussi que la taille de la population, la géographie, l’héritage culturel et historique ont été pris en considération dans ce redécoupage territorial.