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Kosovo : Albin Kurti à nouveau devant la justice

Traduit par Belgzim Kamberi
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 25 janvier 2010
Mise en ligne : jeudi 28 janvier 2010
Trois ans après la manifestation du 10 février 2007, où deux personnes avaient perdu la vie, Albin Kurti, le leader du mouvement Vetëvendosje (Autodétermination) devra de nouveau comparaître devant ses juges le 15 février 2010. Il est accusé de s’être opposé aux forces de l’ordre et d’avoir appelé les manifestants à la violence. Ce dernier dénonce un procès « politique ».

Par Jeton Musliu

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Albin Kurti

Le 15 février, deux jours avant le début des cérémonies du deuxième anniversaire de l’indépendance du Kosovo, Albin Kurti, le dirigeant du mouvement Vetëvendosje (Autodétermination), devra se présenter au Tribunal régional de Pristina pour comparaitre devant des juges locaux et internationaux.

Les accusations sont les mêmes qu’il y a deux ans. A l’époque, l’ancienne administration de la Minuk avait inculpé Kurti pour les violences qui s’étaient déroulées lors de la manifestation du 10 février 2007. Au cours de celle-ci, deux personnes avaient perdu la vie et plus de 80 autres avaient été blessées. Peu de temps après, les enquêteurs de la Minuk avaient conclu que c’étaient les policiers roumains de la mission des Nations unies qui avaient tiré, tuant deux manifestants. Ces derniers ne furent jamais interpellés et la Minuk interpella même Albin Kurti, le dirigeant de Vetëvendosje. Celui-ci fut accusé d’avoir empêché les forces de l’ordre de faire leur travail en appelant à la résistance.

Le « cas » Kurti fait encore une fois figure d’exception, puisqu’il y a quelques jours, Eulex a déclaré avoir « bouclé » tous les dossiers hérités de la Minuk.

« Le procès devrait recommencer le 15 février au Tribunal régional de Pristina », affirme Karin Limdal, la porte-parole de la mission Eulex. Elle explique que les séances devraient se dérouler en février et en mars 2010. « C’est la suite du procès ouvert en 2007, un dossier qui a été transféré de la Minuk à l’Eulex », ajoute Limdal pour Express. « À l’époque, le procès fut interrompu, car aucun avocat ne voulait prendre en charge la défense de M.Kurti ». Pourtant, il semble qu’Eulex fait erreur, car c’est bien Albin Kurti qui refusa ses avocats. Non seulement, le leader de Vetëvendosje ne voulait pas faire appel à des avocats, mais de plus il ne reconnaissait pas ceux nommés par le tribunal. D’ailleurs, ce dernier s’opposa même à la cour, en incitant à reporter le procès.

Selon la représentante d’Eulex, la cour sera présidée par un juge issue de la mission européenne. « Albin Kurti est accusé d’avoir participé à la manifestation du 10 février 2007, et d’avoir commis un délit en s’opposant aux forces chargées du maintien de l’ordre en appelant à la résistance. Durant cette manifestation, deux personnes furent tuées », explique la porte-parole Karin Limdal dans un communiqué officiel.

Selon Albin Kurti, la mission européenne Eulex n’a fait que remplacer l’ancienne police de la Minuk. « En ignorant les crimes de guerre commis par la Serbie, les crimes commis tous le jours par les structures parallèles serbes, par les politiciens locaux corrompus et en ne jugeant que les soldats de l’UCK et les militants de Vetëvendosje, Eulex est tout simplement en train de faire le même travail que la Minuk », affirme Kurti pour Express. Le leader de Vetëvendosje affirme qu’il était conscient que le procès contre lui n’était pas terminé en 2007. « Dès février 2008, nous savions que la Minuk attendait un moment plus favorable pour continuer le procès. A l’époque, la proclamation de l’indépendance n’avait pas encore eu lieu. Mon procès fut suspendu neuf jours avant la proclamation d’indépendance », souligne Kurti. « Cela fait deux ans qu’on explique clairement qu’on ne peut rien attendre de bon de la part d’Eulex », ajoute-t-il.

La reprise de ce procès est-elle tout simplement une façon de détourner l’attention publique du plan pour l’intégration du nord du Kosovo ? Selon Kurti, le mission européenne cherche à faire taire toutes les voix discordantes pour présenter le Kosovo comme une réussite, malgré la misère sociale, la dégradation de l’économie et l’immobilisme politique.

« Ils veulent conserver ce qu’ils nomment stabilité. Mais cette stabilité est celle de l’injustice. Je ne sais pas s’ils ont coordonné leurs actions mais tout ceci démontre que ce système politique ne se base pas sur des valeurs européennes mais sur un régime policier qui cherche à faire taire ceux qu’il ne peut contrôler ou acheter », conclut Albin Kurti.