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Le Courrier des Balkans

Slovénie : l’opposition réclame la destitution du Président Danilo Türk

Traduit par Dalibor Tomic
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Mise en ligne : mardi 2 février 2010
Les partis d’opposition SDS et SLS ont déposé jeudi 27 janvier une demande de destitution du Président de la République, Danilo Türk. Ces derniers lui reprochent d’avoir décerné l’ordre du mérite à Tomaž Ertl, « secrétaire général des affaires intérieures », c’est-à-dire chef de la police politique, du temps de l’ancienne Yougoslavie socialiste. Par ce geste, il aurait violé la Constitution et la Loi.
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À gauche, le Président Danilo Türk, à droite, Tomaz Ertl, l’ancien chef de l’UDBA

Selon l’opposition, la distinction accordée à l’ancien chef de l’UDBA, la police secrète yougoslave, instigateur, en 1988 du procès des quatre opposants, dont le futur Premier ministre Janez Janša fut la victime la plus connue, constitue une violation de l’article 34 de la Constitution se rapportant aux droits de la personne et aux libertés fondamentales. Les requérants fondent leur action sur les annexes de cette loi et entendent condamner l’ancien système socialiste et accuser Tomaž Ertl de violation des droits de la personne, entre autres chefs d’accusation.

« Décorer l’ancien directeur de la police secrète représente une grave violation de la Constitution et de la loi. Ceci constitue un grave grief politique et matériel et véhicule un sombre message à l’heure où nous venons de fêter le 20e anniversaire de la chute des totalitarismes en Europe », a déclaré Janez Janša.

Le président de la République, dans une communication écrite, rejette ces accusations en soulignant leur caractère infondé : « Bien qu’il faille en démocratie user librement des mécanismes constitutionnels, encore faut-il le faire à bon escient », a-t-il affirmé. Il a justifié son geste en précisant qu’il avait décoré Tomaž Ertl pour ses actes (« Akcija Sever », organisation de milices de défense nationale en 1989) et ses mérites « que l’on ne peut assimiler à des violations des droits de l’homme ».

La motion du SDS et du SLS a peu de chance d’aboutir, a affirmé Pavle Gantar, le président de l’Assemblée nationale. Pour qu’elle le puisse, il faudrait qu’elle soit adoptée par 46 députés, Le SDS et le SDS n’en comptant que 33.