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Serbie : le chef de l’organisation néo-nazie « Nacionalni stroj » arrêté en Allemagne

Traduit par Persa Aligrudic
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 3 février 2010
Mise en ligne : jeudi 4 février 2010
Goran Davidović, condamné début 2009 par la justice serbe à un an d’emprisonnement pour incitation à la haine raciale et intolérance religieuse, a été arrêté en Bavière. Sous le coup d’une procédure d’extradition en Italie, l’homme a profité de l’ouverture de l’espace Schengen pour se rendre en Allemagne. Belgrade a déjà envoyé aux autorités allemandes une demande d’extradition, mais Goran Davidović devrait être remis à la justice italienne. Il doit être jugé à Novi Sad à partir du 8 mars pour violences physiques.
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Goran Davidović, lors de son arrestation après les heurts à Novi Sad pendant la manifestation antifasciste, le 7 octobre 2007

La police allemande a arrêté le chef de l’organisation néo-nazie « Nacionalni stroj » à Traunstein en Bavière.

De Belgrade, Interpol avait lancé un avis de recherche concernant Goran Davidović condamné à un an d’emprisonnement pour incitation à la haine raciale et intolérance religieuse. Depuis son arrestation à Trieste, il se trouvait en procédure d’extradition.

Le secrétaire d’État à la justice, Slobodan Homen, a déclaré que ni le parquet italien ni le parquet serbe ne sont responsables de la fuite de Davidović en Allemagne et qu’il en est le seul responsable.

Cela fait maintenant presque un an qu’il ne répond à la convocation de purger sa peine d’emprisonnement. Il a alors été établi qu’il se trouvait en Italie où il avait obtenu un visa de séjour car son épouse vit dans ce pays.

En avril 2009, il a été arrêté à Trieste sur requête de l’avis de recherche d’Interpol et depuis cette date il était sous le coup d’une procédure d’extradition. Il avait été relâché assez rapidement par la Cour d’appel italienne qui devait annoncer sa décision définitive au sujet de la demande d’extradition en Serbie.

On ne sait toujours pas comment Goran Davidović est arrivé en Allemagne.

« Le ministère de la Justice était en contact quotidien avec les autorités italiennes. Il est vrai qu’on attendait la décision de la Cour de cassation d’Italie, mais la Cour d’appel a décidé de le libérer en attendant la décision sur son extradition. Goran Davidović a tout simplement ignoré ces faits et n’a pas respecté les décisions du tribunal italien, enfreignant ainsi leurs lois », constate Slobodan Homen.

Il ajoute qu’il est possible que Berlin livre directement Goran Davidović à la Serbie : « En ce qui nous concerne nous sommes déjà en cours de négociation avec l’Allemagne et nous leur avons déjà adressé notre demande d’extradition. Il y a deux manières de procéder, soit l’Allemagne décide de l’expulser immédiatement, soit elle procède selon notre demande d’extradition. En ce qui concerne une extradition en Italie, c’est une question qui doit être réglée par la jurisprudence allemande.

Zlatko Nikolić, expert en affaires criminelles, estime que la responsabilité de toute cette affaire incombe à la justice italienne. Bien qu’il n’y ait pas de frontières entre pays de l’Union européenne et que Davidović a pu circuler librement, la justice italienne se devait de veiller sur lui car il était sous le coup d’une procédure d’extradition.

« Dans ce cas la responsabilité incombe uniquement à la Cour qui l’a appréhendé, conformément à l’avis de recherche d’Interpol, et qui l’a ensuite laissé en liberté dans l’attente de son extradition. Cela signifie donc que les responsables sont les juges italiens. Il est logique de supposer que les autorités allemandes vont probablement le livrer à l’Italie, car c’est de là qu’il s’est enfui en transgressant leur caution. L’avis de recherche de la Serbie reste en vigueur. Il y a plusieurs façons d’abuser de l’espace Schengen. Nous savons qu’il n’existe aucune frontière, sauf qu’elle est marquée soit par un chiffre ou un panneau » explique Zlatko Nikolić.

Rappelons que Davidović a été condamné à un an de prison pour incitation à la haine raciale et intolérance religieuse après avoir fait irruption avec un groupe de néo-nazis à la tribune de la faculté de philosophie à Novi Sad fin 2005 où ces individus ont agressé les participants verbalement et physiquement, et pour des faits similaires avec huit membres du Nacionalni stroj, lors du rassemblement antifasciste qui s’est tenu à Novi Sad en octobre 2007.

Première audience le 8 mars 2010 pour le procès de l’attaque du rassemblement antifasciste

Le procès de Goran Davidović et de ses huit co-accusés pour agression sur les participants du rassemblement antifasciste d’octobre 2007 à Novi Sad, devrait commencer le 8 mars 2010.

Me Dragoljub Bajramović, avocat de Goran Davidović a confirmé que le procès était prévu pour les 8, 9 et 10 mars à la Haute cour de Novi Sad devant le conseil des magistrats sous la compétence de Zora Jamušakov.

L’acte d’accusation charge Goran Davidović et trois autres personnes d’incitation à la haine nationale, raciale et religieuse, tandis que les six autres sont accusés de violence envers les personnes du rassemblement antifasciste.

Les charges retenues contre Davidović, Dolf Pospiš et Nedeljko Pešić sont d’avoir escaladé la clôture de la Maison de l’armée malgré l’interdiction de la police et d’avoir provoqué un conflit verbal et physique avec l’assistance du rassemblement en leur jetant des pierres et d’autres objets solides.

En plus de leur comportement violent, les autres charges retenues à l’encontre des trois accusés, sont d’avoir fait le salut nazi en levant la main droite tendue en direction de la foule.

Radomir Dickov, Uroš Stojanović, Danijel Petrović, Vladan Negovanović, Predrag Milovanović et Predrag Golubović sont également accusés de comportement violent.