Par Petrit Collaku

- Les policiers sont en grève
Le syndicat des employés du principal hôpital de Pristina a demandé au ministre de la Santé de considérer sérieusement sa revendication d’une hausse de salaire, sans quoi ceux-ci pourraient se résoudre à adopter des mesures plus radicales pour avoir gain de cause.
Quelque 1.500 employés du principal hôpital de Pristina ont manifesté jeudi, exigeant les augmentations de salaire promises l’an dernier. Ils ont également demandé l’approbation et la mise en place du nouveau Droit du travail et du nouveau système d’assurance santé.
Lorsqu’ils sont arrivés devant le siège du gouvernement, les manifestants ont pendu un mannequin vêtu d’un uniforme d’infirmier rapiécé, symbole de leurs conditions de travail pour le moins difficiles. Ils ont aussi transmis une copie de leurs demandes au gouvernement.
« Le salaire que je reçois est si bas, que ça ressemble davantage à de l’aide sociale qu’à un salaire ! », lance un médecin. « C’est pour cela que je manifeste ici aujourd’hui avec mes collègues. »
Les pancartes brandies par les médecins disaient : « Des salaires dignes comparables à ceux de nos collègues de la région ! ». Les médecins du Kosovo touchent un salaire mensuel d’environ 250 euros. Suite aux manifestations de l’an dernier, le gouvernement avait certes consenti une augmentation de 30%, mais les médecins n’ont toujours pas vu la couleur de l’argent annoncé.
Les manifestants ont ensuite marché vers le ministère de la Santé, estimant qu’il s’agissait du meilleur endroit pour faire valoir leurs demandes. Le ministre de la Santé, Alush Gashi, a accepté de rencontrer les organisateurs de la manifestation.
Le chef du syndicat du principal hôpital de Pristina, Xhemajl Selmani, a demandé au ministre d’examiner les requêtes du personnel hospitalier, prévenant qu’autrement des « mesures radicales » pourraient être mises en œuvre. « Nous savons que vous connaissez bien nos exigences, mais nous voulons vous voir les défendre devant le Parlement », a expliqué Xhemajl Xhemajl Selmani au ministre Gashi.
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Alush Gashi a expliqué aux manifestants que le budget fort modeste du Kosovo limitait l’aide que le gouvernement du Kosovo pouvait offrir aux employés des hôpitaux. « Nous savons tous que nous souffrons d’un taux de chômage de 40% au Kosovo », a ajouté le ministre de la Santé. « Nous devons garder à l’esprit que nous sommes aussi le gouvernement de ces personnes-là. »
En ce qui concerne le Droit du travail, Alush Gashi a précisé que la législation en ces matières se décidait au ministère du Travail et de l’assistance sociale. Quant à la loi sur le nouveau système d’assurance santé, le ministre Gashi a indiqué qu’elle avait déjà été soumise au Parlement et serait examinée en février.
Après la rencontre, les organisateurs ont déclaré aux manifestants qu’aucun accord n’avait été trouvé avec le ministre de la Santé, et qu’il leur faudrait dans ce cas réfléchir à des mesures plus convaincantes au cours des prochains jours.
Autre dossier plus inquiétant pour le gouvernement de Pristina, les membres de l’escadron d’élite de la police nationale se sont également mis une grève. Ils exigent eux aussi des hausses de salaire. Le salaire mensuel d’un policier kosovar est de 280 euros.



















