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BIRN

Serbie : les portes de l’Otan sont ouvertes

Traduit par Stéphane Surprenant
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 5 février 2010
Mise en ligne : mercredi 10 février 2010
La nouvelle Ambassadrice des États-Unis à Belgrade, Mary Warlick, a annoncé que la porte de l’Otan était désormais ouverte à la Serbie, qui pourrait devenir membre de l’Alliance. L’Ambassadrice a insisté pour dire que la balle était maintenant dans le camp serbe et que c’était à Belgrade de décider.

Par Bojana Barlovac

Lors d’une entrevue accordée à l’agence de presse Beta, Mary Warlick a déclaré « que les États-Unis d’Amérique soutiennent entièrement les aspirations européennes et euro-atlantiques de la Serbie, et feront tout ce qui est en leur possible pour faciliter les efforts de Belgrade en ce sens ».

La Serbie s’était déjà jointe en décembre 2006 au programme de Partenariat pour la paix de l’Otan. Avant de devenir membre du Partenariat, la Serbie s’était engagée à des réformes limitées en matières de sécurité et de défense, en coopération avec l’Otan.

Jeudi 4 février 2010, le ministre serbe de la Défense, Dragan Šutanovac, a indiqué au magazine Cord qu’il faudrait que son pays mène une analyse rationnelle, en profondeur, de la pertinence et des implications d’une éventuelle adhésion de la Serbie à l’Otan, avant de prendre une décision.
« Quoi qu’il en soit, je crois que c’est une excellente chose que les Serbes entament des pourparlers en vue d’une intégration à l’Otan, car cela nous aidera à faire la transition entre tout ce qui nous rattache à notre passé récent et lointain, et les discussions rationnelles qui seront nécessaires pour déterminer l’avenir de notre pays. Bien entendu, tout cela devrait se faire dans le respect de la Constitution et de la politique officielle choisie par l’État serbe », pouvait-on lire dans les pages du magazine Cord.

Plus tôt en janvier, un groupe de 200 académiciens, écrivains et journalistes, opposés à l’adhésion de la Serbie à l’Otan, ont lancé une initiative visant à obtenir la tenue d’un référendum sur la question.

Exprimant un ressentiment persistant au sein d’une partie de la population contre les actions de l’Alliance durant le conflit impliquant la Serbie au Kosovo, Matija Bećković, membre de l’Académie serbe des sciences et des arts et signataire de la pétition, a affirmé que la Serbie avait subi « des bombardements et des destructions criminels » au cours de la campagne de bombardement de l’Otan, en 1999.

Le ministre a constaté que la Serbie comptait de toute manière collaborer avec l’Otan, même sans en être membre à part entière. Mais il a estimé que le choix de la forme que cette coopération prendrait appartenait à la population serbe.

Šutanovac a expliqué aussi à ses lecteurs que l’Otan était en train d’évoluer. Le magazine a rappelé que, s’il s’agissait au départ d’une alliance à caractère défensif, l’Otan avait depuis étendu le champ de ses actions à la politique, à la sécurité et à l’économie.