Logo le Courrier des Balkans, le portail francophone des Balkans
filet
Serbie : les meurtriers de Đinđić et de Pukanić tentent de s’enfuir de prison - Grèce : un mur contre les clandestins - Serbie : à Bujanovac, des noms de rue qui divisent - Macédoine : un gouvernement « baroque » - Serbie : la Save et le Danube pris par les glaces - 
Balkanophonie Abonnez-vous
La boutique en ligne A propos Livres ong liens Agenda
forums

BIRN

Kosovo : Belgrade met en vente l’immeuble de l’OSCE à Pristina

Traduit par Stéphane Surprenant
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 12 février 2010
Mise en ligne : mardi 16 février 2010
Le bâtiment qui abrite les locaux de l’OSCE à Pristina va être mis en vente par la Serbie. Belgrade souhaite en effet se séparer de cet immeuble qui abritait auparavant la Jugobanka. L’OSCE souhaite quitter ces locaux pour s’établir dans de plus modestes, mais les autorités kosovares ont clairement fait entendre que cette vente était illégale.

Par Petrit Collaku Pristina

Belgrade a décidé de mettre aux enchères l’édifice de Pristina qui héberge actuellement la mission de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Le prix de départ sera d’environ 3 millions d’euros.

Le gouvernement serbe souhaite se séparer d’une partie des bâtiments qui accueillaient autrefois la Jugobanka, aujourd’hui disparue. Ces édifices totalisent quelque 11.000 mètres carrés à travers tout le Kosovo et leur valeur est estimée à 5 millions d’euros, en incluant l’édifice de Pristina.

L’OSCE a emménagé dans ce bâtiment en 1998, mais on s’attend à ce que l’organisation internationale s’installe bientôt dans des locaux plus modestes, toujours dans la capitale kosovare.

L’Agence de privatisation du Kosovo a appelé la police du Kosovo, les procureurs et les tribunaux à ne pas reconnaître la validité de tous les contrats pouvant être liés à cette transaction immobilière.

« Selon la loi en vigueur régissant l’Agence des privatisation du Kosovo – approuvée par l’Assemblée législative kosovare – et tel que stipulé à l’Article 5.1 de cette loi, l’identité de l’autorité responsable de l’administration de la vente des propriétés et des sociétés publiques ne fait aucun doute », a déclaré au Balkan Insight Yll Kaloshi, porte-parole de l’OSCE.

Yll Kaloshi a ajouté que la Proposition concertée sur le statut du Kosovo de Martti Ahtisaari – le document qui a tracé les grandes lignes de la stratégie gouvernementale d’après l’indépendance du Kosovo – précise d’ailleurs sans équivoque qui sont les propriétaires de l’édifice.

« L’article 8.3 du document stipule que les propriétés immobilières et mobilières de la République fédérale de Yougoslavie ou de la République de Serbie situées sur le territoire du Kosovo au moment du règlement passaient au Kosovo », explique-t-il.

La Serbie ne reconnaît cependant ni l’indépendance du Kosovo, ni le plan de Martti Ahtisaari.

L’Agence kosovare de privatisation a appelé toutes les parties intéressées par la privatisation éventuelle de sociétés publiques à la contacter. « Il s’agit de la seule et unique institution légale au Kosovo en matière de privatisation de sociétés publiques », a rappelé Yll Kaloshi.

Le Tribunal de Pristina a indiqué ne pas avoir l’intention de certifier quelque entente que ce soit relativement à cette vente. « Nous n’allons pas valider d’accord concernant la vente d’une société ou d’une propriété publique sans le consentement de l’Agence de privatisation du Kosovo », a affirmé au Balkan Insight Nuhi Ukaj, président de la Cour municipale de Pristina.

Par le passé, des Kosovars se sont déjà portés acquéreurs de propriétés cédées par des institutions de Belgrade. Ils n’en ont toutefois jamais été considérés légalement comme les propriétaires légitimes, car ces contrats de vente ne sont pas reconnus par le Kosovo.