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BIRN
Le procès d’Albin Kurti provoque la colère du KosovoTraduit par Jacqueline Dérens
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Mise en ligne : jeudi 18 février 2010
La mission Eulex a repoussé l’ouverture du procès d’Albin Kurti, le dirigeant du mouvement Vetëvendosje (Autodétermination). La décision a été prise face à la critique sans cesse grandissante que provoque ce procès au Kosovo. Un groupe d’organisations de la société civile a pris l’initiative de créer un conseil qui dénonce ce procès comme étant « politiquement absurde et sans fondement légal ». Albin Kurti ne compte pas se présenter à l’audience.
L’opinion publique s’est aussi mobilisée contre ce procès et plus de 18.000 personnes ont rejoint la campagne pour l’annulation du procès sur Facebook. Albin Kurti a déclaré qu’il ne se présenterait pas devant le tribunal puisqu’il ne reconnaît pas la juridiction de la mission Eulex au Kosovo. Le 10 février 2007, la police de la Minuk avait tiré avec des balles en caoutchouc sur les manifestants qui protestaient pacifiquement contre les propositions de Martii Ahtisaari, l’envoyé spécial des Nations unies, définissant le futur statut du Kosovo. La police de la Minuk avait utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule et des policiers roumains avaient fait usage de balles en caoutchouc. Deux personnes, Mon Balaj et Arben Xheladini, avaient été tuées et au moins 80 autres blessées. Une enquête interne menée par la Minuk a révélé que les balles utilisées étaient hors d’usage, vieilles de plus de 8 ans, et qu’elles n’auraient jamais dû servir. En dépit d’une enquête menée par la police militaire roumaine, ni ceux qui ont tiré, ni ceux qui en avaient donné l’ordre n’ont été identifiés et traduits devant la justice. Albin Kurti avait été arrêté par la Minuk après la manifestation et a passé une grande partie de l’année 2007 en prison ou assigné à résidence. Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies au Kosovo, Lamberto Zannier, a personnellement fait des excuses aux familles des victimes la semaine dernière. Selon le porte-parole de la Minuk, les Nations unies ont mis en route un processus pour le dédommagement des familles des victimes. Jusqu’à présent, celles-ci ont refusé toute compensation financière et la question doit être examinée par le Groupe consultatif des droits de la personne des Nations unies, mis en place pour enquêter sur les violations des droits de la personne perpétrées par la Minuk. Halim Sylejmani, l’avocat qui représente les familles a déclaré que selon les termes d’une lettre qu’il a reçu de la Minuk « le cas n’est plus recevable » puisque qu’une procédure d’indemnités est en cours. « Cette lettre montre que le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies n’a aucune indépendance d’action ». Amnesty International « considère qu’une audience, publique sur cette affaire concernant l’usage excessif de la force responsable de morts et de blessés, est dans l’intérêt de la justice et la protection des droits de la personne ». |
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