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Le Kosovo fête ses deux ans d’indépendance

Traduit par Jacqueline Dérens
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 17 février 2010
Mise en ligne : mercredi 17 février 2010
Les rues du Kosovo vont être pavoisées de drapeaux et verront déambuler une foule joyeuse pour célébrer le deuxième anniversaire de la déclaration d’indépendance du pays, lorsque le 17 février 2008, le Parlement du Kosovo a voté à l’unanimité l’indépendance du pays. Le bilan de ces deux années n’est pourtant pas si réjouissant que cela, et aujourd’hui, la situation économique et sociale n’est guère reluisante...

Des festivités ont été organisées dans tout le pays pour marquer cet événement, mais parmi les passants qui agiteront les drapeaux kosovars et albanais, certains ne pourront manquer d’avoir un pincement au cœur en pensant à toutes les occasions manquées de ces deux dernières années.

Deux ans après, l’indépendance a été reconnue par 65 pays, dont 22 pays de l’Union européenne, les Usa, le Canada, l’Australie et le Japon.

En 2009, le Kosovo est devenu membre du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, mais tous les sièges importants aux Nations unies restent encore hors de portée, à cause de la pression de la Serbie opposée à cette indépendance et qui a saisi la Cour internationale de justice sur la légalité de cette déclaration. La Cour doit se prononcer cet été.

Les hommes politiques, les dirigeants des organisations de la société civile et l’Ambassadeur des États-Unis, Christopher Dell, ont confié à Balkan Insight qu’il y avait eu des avancées et aussi des échecs durant ces deux années.

La croissance économique a été de 4% en 2009 , mais la Banque centrale admet que celle-ci est due aux dépenses dans le secteur public plus qu’au développement du secteur privé. Les investissements étrangers ont fait défaut au Kosovo ces deux dernière années.

Le Premier ministre adjoint reconnaît que l’amélioration de l’économie et des affaires sociales était un véritable défi, mais que le gouvernement en faisait ses priorités pour 2010. « Je crois que nous avons passé la phase de transition et que maintenant nous sommes dans la phase de consolidation de notre développement, dans un pays libre et démocratique ».

Le Kosovo a été vertement sermonné par l’Union européenne pour n’avoir pas su maîtriser le problème aigu de la corruption, et tout récemment l’Ambassadeur américain n’a pas hésité à dire « la corruption, la violence, les abus continuent dans une totale impunité ».

Engjellushe Morina, responsable d’un centre de réflexion de Pristina, IKS, pense qu’il y a plus de raisons de ne pas faire la fête que de la faire cette année, étant donné l’échec de la lutte contre la corruption. « Le dernier rapport sur cette question montre des résultats très faibles. Il y a même plus de corruption cette année si l’on compare à l’an passé ».

Dans un entretien diffusé hier dans le programme de Balkan Insight, Life in Kosovo, Christpher Dell, l’Ambassadeur américain a déclaré qu’il y avait à la fois des raisons pour se réjouir et aussi des frustrations après deux d’indépendance.

« Nous avons devant nous des résultats positifs. Les relations avec les pays voisins s’améliorent chaque jour. Les institutions fonctionnent, le Parlement légifère, le gouvernement agit. Malheureusement, et ce n’est pas uniquement la faute du Kosovo, les relations avec son grand voisin, la Serbie ne sont pas ce qu’elles devraient être et de nombreuses questions se posent concernant le respect de la loi ».

Il a exprimé son espoir que d’ici un an, il pourrait parler de l’entrée du Kosovo aux Nations unies et que les discussions entre le Kosovo et la Serbie reprendraient pour trouver la meilleure façon de vivre côte à côte.

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