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Courrier de la Bulgarie
Bulgarie : les meurtriers de Martin Borilski enfin condamnésDe notre correspondante à Sofia
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Mise en ligne : dimanche 28 février 2010
Au cours de l’été 2000, Martin Borilski, étudiant en Droit à la Sorbonne, avait été tué de 93 coups de couteau. Rapidement, la police française a identifié deux suspects bulgares. Le 15 février 2010, après dix années de procès et appels, l’affaire Borilski, qui avait tendu les relations entre Paris et Sofia, a finalement pris fin avec la condamnation des deux coupables à de lourdes peines.
Par Vanessa Mermet
Tout avait débuté avec le meurtre violent, durant l’été 2000 à Paris, du jeune Martin Borilski, alors étudiant en Droit à la Sorbonne. Les pompiers avaient retrouvé son corps lacéré de 93 coups de couteau, ligoté avec un pull-over, et son crâne fracassé. L’enquête menée par la police française avait rapidement identifié deux suspects, Gueorgui Jéliazkov et Stoïan Stoïtchkov. Jugés par deux fois en Bulgarie, tout d’abord par la Cour du District de Choumen puis par la Cour d’Appel de Veliko Tarnovo, ils ressortent innocentés des deux procès. En effet, l’un d’entre eux, Jéliazkov, est le fils d’un ténor du barreau de Varna soupçonné d’avoir des relations dans les milieux mafieux. Cette affaire est vite devenue, auprès de l’opinion publique, emblématique du mal fonctionnement de la justice bulgare, et des relations de clientèlisme, corruption et traitements de faveurs qui rongent toujours l’impartialité de ses verdicts. La France, de son côté, n’a pas caché son mécontentement à l’égard des décisions de la justice bulgare, arguant que la police française avait fait la plus grosse partie du travail en résolvant l’enquête, mais que si la Bulgarie ne se montrait pas capable de condamner les deux coupables, un procès s’ouvrirait en France qui procéderait à cette condamnation. L’Ambassadeur de France en Bulgarie, Etienne de Poncins, s’est exprimé à de nombreuses reprises sur cette affaire, réitérant la pression de la France pour le règlement de cette affaire. Plusieurs manifestations ont également été menées, en Bulgarie et en France, qui demandaient que justice soit faite pour le meurtre du jeune Martin. C’est dans ce climat de tensions continuelles que la Cour de Cassation bulgare a renvoyé, début mars 2009, le cas vers la Cour d’Appel de Veliko Tarnovo pour un nouveau verdict. Piégée, la Cour se devait cette fois de faire preuve d’impartialité. La sentence est tombée, le 4 février dernier : 19 ans de prison pour Guéorgui Jéliazkov, 17 pour Stoïan Stoïchov. C’est alors que les deux suspects ont littéralement « disparu ». Un mandat d’arrêt fût lancé pour leur recherche dans tout le territoire bulgare, mais c’est finalement d’eux-mêmes qu’ils se sont rendus à la Cour de Varna, le 15 février, avant d’être immédiatement placés en détention. Il aura donc fallu 10 ans pour résoudre cette affaire, qui apparait maintenant comme le triomphe de la justice sur la corruption. La commission européenne, la France et l’opinion publique bulgare se sont avouées très satisfaites que ce dossier puisse enfin être fermé. |
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