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La Grèce paralysée par une grève générale contre le plan d’austérité

Traduit par Laurelou Piguet
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 24 février 2010
Mise en ligne : jeudi 25 février 2010
Le plan d’austérité imposé par le gouvernement et l’UE était au centre de la grève générale qui a eu lieu le 24 février en Grèce. Selon le préavis de grève déposé par l’organisation GSEE (Confédération panhellénique des travailleurs) « la grève constitue une réponse dynamique et combattive des travailleurs et de la société face aux exigences sans logique et sans fin des spéculateurs, des marchés et des dirigeants européens néo-libéraux, qui ont pris pour cible les droits sociaux des travailleurs ». La revendication principale est que les salariés et les retraités arrêtent de faire les frais de la crise.

Par Filippos Dergiade

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Des manifestants bloquant les accès à la Bourse d’Athènes. (Crédits photo : AP)

La grève a touché surtout les transports publics, les fonctionnaires, le personnel des caisses d’assurance, les enseignants, les agents hospitaliers et les médecins, la presse. Les tribunaux sont restés fermés dans tout le pays. Aucun vol n’a pu être opéré pour cause de grève des aiguilleurs du ciel. Il est à noter que de nombreuses entreprises privées ont aussi été concernées.

La position des organisations syndicales et des partis de gauche
La direction des organisations syndicales GSEE et ADEDY (Union des fonctionnaires), qui sont de la même couleur politique que le parti au pouvoir, le PASOK, est prise entre deux feux. Les derniers scénarii annoncés, à savoir la suppression du 14e mois et la levée du caractère permanent de l’emploi dans le public, ont exacerbé les réflexes de classe. En même temps, la pression des partis et des organisations syndicales de gauche s’intensifie et forme un mélange explosif qui réserve des jours difficiles au gouvernement, lequel, par ailleurs, est pressé par Bruxelles de prendre d’autres mesures.

De leur côté, la direction des organisations syndicales pro-gouvernementales est obligée de monter le ton au maximum, car elles prennent conscience que les marges pour trouver un consensus se rétrécissent. « Nous exigeons justice sociale et participation à l’effort de la part de ceux qui détiennent la richesse », a déclaré le président de GSEE. Il avait auparavant commenté la situation : « Je regrette d’avoir soutenu un gouvernement qui s’est plié à la loi des marchés ». Le président de l’ADEDY s’est montré dur dans son évaluation des mesures gouvernementales, les qualifiant de « recettes néolibérales extrêmes », et propose un « retournement de cette politique ».

Selon la gauche, les mouvements de grève sont la seule solution pour les salariés, les retraités et les professionnels en général, pour modérer voire renverser la tendance actuelle qui attaque, selon eux, les revenus faibles et modérés. « On a assez entendu le gouvernement, l’Union européenne, et la ploutocratie ! Que les mesures barbares décidées par ces derniers passent ou pas, cela dépend de la position et de l’action des travailleurs ! », selon le parti communiste KKE. « Si on ne les arrête pas, des mesures encore plus sévères s’ensuivront, avec plus de licenciements, des impôts indirects plus lourds, plus d’emplois précaires, plus de privatisations », renchérit le parti de gauche radicale SYRIZA.

La phrase qui a mis le feu aux poudres
Par ailleurs, une déclaration du Vice-président du gouvernement Théodoros Pangalos faite lundi, a mis le feu aux poudres. S’exprimant sur les emplois de fonctionnaires, il a déclaré : « Un fonctionnaire est en poste tant que son poste existe. Si son poste disparaît, il n’est plus considéré comme un employé permanent ». Les réactions ont été virulentes, même si le représentant du gouvernement Yorgos Pétalodis s’est efforcé de démentir les scénarii sur cette levée du caractère permanent de l’emploi de fonctionnaire. « Aujourd’hui, les employés du public sont la cible de la plus injuste des politiques », a souligné l’ADEDY dans un communiqué. Parallèlement, le président du groupe parlementaire SYRIZA, Alexis Tsirpas, a déposé au Parlement une demande au Premier ministre, lui spécifiant de clarifier les intentions du gouvernement.