Pour la sixième année consécutive, la Maison d’Europe et d’Orient organise son festival « Le Printemps de Paris », réunissant un florilège d’événements destinés à mieux faire connaître aux publics parisien et francilien les cultures, sociétés et artistes d’Europe orientale et d’Asie centrale. Manifestation engagée en faveur de populations et de cultures qui, pour beaucoup, bénéficient en Europe occidentale d’une visibilité encore trop modeste, miroir de la diversité culturelle et linguistique, point de vue sur les réalités politiques et sociétales qui caractérisent ces régions, le festival s’attache également à donner la parole à une pluralité d’expressions : artistes, écrivains, intellectuels, militants de la société civile ; qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs…
Se succéderont ainsi pendant plus de trois mois concerts, débats, pièces de théâtre, projections, spectacles de danse, expositions, rencontres littéraires, etc. Le programme mettra en valeur, d’une part, la richesse de pratiques culturelles et artistiques traditionnelles qui ont conservé tout leur souffle, des festivités de Navro’z qui célèbrent le retour du printemps en Asie centrale, jusqu’au rebétiko des cafés d’Athènes, en passant par les danses régionales de Perse, les polyphonies et épopées médiévales géorgiennes, sans oublier une soirée chamanique dont le « koutch-koutch » promet beaucoup.
La création contemporaine, d’autre part, trouvera à s’exprimer notamment à travers les théâtres du Hongrois János Háy, de la Macédonienne Žanina Mirčevska, du Kosovar Jeton Neziraj ou de la Moldave Nicoleta Esinencu. À travers également les images d’Antoine Agoudjian, qui sont autant de réflexions sur la mémoire arménienne, ou de celles de Sladjana Stanković, qui nous font pénétrer dans le quotidien d’orphelins, quelque part dans les Balkans. D’autres démarches, enfin, tenteront de proposer une analyse, ou même de poser un simple regard sur les dysfonctionnements sociaux, politiques et économiques qui entravent la marche en avant de plusieurs pays de l’Est européen, et sur les réactions et propositions qu’y apporte la société civile : débat sur la résistance russe face à la mécanique du pouvoir ; rencontres avec les Gorani du Kosovo ou avec les Pomaks, slavophones musulmans de Grèce et de Bulgarie, dont les États modernes se sont efforcés d’étouffer l’identité ; portraits de communistes grecs exilés en URSS, déportés vers le lointain Ouzbékistan ; témoignages de Rroms survivants des camps de concentration, cette fois-ci bien de chez nous. La Maison d’Europe et d’Orient tâchera donc une nouvelle fois de concilier histoire et actualité, art et culture, en maintenant le cap d’une programmation engagée, indépendante et solidaire.
Un moment de fête, de partage et de rencontres, devenu au fil des années un rendez-vous incontournable avec l’Europe orientale et l’Asie centrale.

Programme :




















