Autrefois on disait des Serbes et des Monténégrins qu’ils étaient les deux yeux de la tête, aujourd’hui les Japonais sont plus chers aux Serbes que leurs frères d’hier.
Sur une échelle allant de -5 à 5, les Serbes ont donné la note la plus faible aux Albanais, soit -3,3, les Croates obtenant -2. Bosniaques et Rroms sont crédités de -1,3 et les Hongrois de -1,6.
Outre les relations ethniques, ces sondages montrent que les citoyens de Serbie craignent de plus en plus de perdre leur emploi, la pauvreté mais aussi le réchauffement climatique.
Le professeur de la faculté pour l’Éducation spéciale et la réhabilitation, Žarko Trebješanin, estime que les résultats des sondages ne sont pas aussi inquiétants qu’ils le semblent.
« Cette distance ethnique chez nous a commencé à se mesurer précisément lorsque le processus de désintégration de la Yougoslavie a commencé, jusqu’à son éclatement. Ce qui à première vue reflète une grande antipathie devrait confirmer mon optimisme car les chiffres sont très inférieurs à ce qu’ils étaient il y a dix ans », explique-t-il.
Parmi les grandes nations, les Russes sont grandement en tête avec + 0,9. Les Serbes montrent le plus de répulsion envers les Américains, puis les Anglais, un peu moins pour les Français, tandis que les Italiens et les Japonais sont également nettement favoris.
« Là encore il est intéressant de constater que cette histoire autour des amis et ennemis est très douteuse. Par exemple, nous avons actuellement une plus grande aversion pour les Anglais que pour les Allemands », précise Žarko Trebješanin.
En ce qui concerne les problèmes qui touchent le plus les citoyens de Serbie c’est d’abord la peur de perdre leur emploi, souci qui est présent chez deux personnes sur trois, de même que l’écart entre les différences sociales. Un citoyen sur deux craint les grands catastrophes, comme la disparition des nations et le réchauffement climatique.
Ces sondages ont lieu régulièrement, mais si ont les compare à ceux de 2004, il est évident que depuis cette date les craintes se sont accrues, constate Srbobran Branković du Medijum galup : « J’ai l’impression que les fortes frayeurs collectives atténuent l’importance des craintes personnelles. Je veux dire que les craintes et les problèmes personnels ont été pendant deux décennies refoulés sur le compte des peurs collectives, de ce qui s’est passé dans tout le pays, ce sont ces questions que nous avons réglées ou tout au moins essayé de régler ».



















