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BIRN
Crimes de guerre : Ejup Ganić remis en liberté sous cautionTraduit par Basile Perret
Publié dans la presse : 11 mars 2010
Mise en ligne : samedi 13 mars 2010
La Haute cour de Londres a décidé de libérer Ejup Ganić, ancien membre musulman de la Présidence tripartite bosnienne pendant la guerre, contre le versement d’une caution de 300.000 livres (330.000 euros). L’ancien responsable devra néanmoins respecter de strictes mesures de surveillance. La Serbie a pourtant demandé son extradition, comme la Bosnie.
Selon les propos tenus par Stephen Gentle, membre de la défense d’Ejup Ganić, « il n’y a aucun risque que le Dr Ganić s’enfuie car les charges retenues contre lui sont si faibles qu’il va rester les combattre ». L’argument principal de la défense est que « les accusations portées contre le Dr Ganić ont déjà été présentées devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPY) sans que l’accusé ait été condamné. » « Selon l’enquête du TPY, il est en effet clair que l’incident en question ne constitue pas un crime. Sur cette assise, nous affirmons que la requête serbe est de mauvaise foi et qu’il n’y a pas de preuve pour l’étayer. » La Serbie suspecte Ejup Ganić, ancien membre de la présidence bosnienne, de crime de guerre pour son implication dans l’attaque d’un convoi de l’armée fédérale yougoslave (JNA) quittant Sarajevo en mai 1992. Selon la défense, une extradition serait un abus de droit. Elle a également fait allusion aux « erreurs contenues dans le mandat d’arrêt, à la façon dont les accusations de meurtres ont été formulées et à la façon dont la Cour devra juger les accusations de violation des Conventions de Genève ». Concernant les erreurs contenues dans le mandat d’arrêt, Clair Montgomery, l’une des avocats de Ganić, a déclaré lors de l’audience du 9 mars que le mandat d’arrêt stipulait dans le premier paragraphe que le crime avait été commis en Serbie, tandis que dans le second paragraphe, on pouvait lire qu’il avait été commis à Sarajevo. Haris Silajdžić, membre bosniaque de la présidence tripartite de Bosnie, est à Londres et a prévu de rencontrer Ganic. Il a annoncé le tenue d’une conférence de presse dans les prochains jours. Haris Silajdžić a rencontré Paddy Ashdown, l’ancien Haut Représentant en Bosnie, et a prévu de discuter avec David Milband, secrétaire d’État aux Affaires étrangères britannique. Gentle a également informé Balkan Insight que Ganić était seul dans sa cellule, pouvait voir ses avocats « malgré les pénibles conditions pénitentiaires », et que sa fille Emina et son fils Emir lui avaient rendu visite. Le Dr Robert Harris, ami de Ganić et ancien conseiller de Margaret Thatcher, a déclaré que cette affaire avait d’évidentes connotations politiques. Selon lui, « cette arrestation n’est pas le résultat d’une manipulation politique en Grande-Bretagne. Les vraies raisons de cette arrestation sont à trouver en Serbie et en Republika Srpska ». Il a affirmé que les objectifs de la demande d’extradition de Ganić sont de pouvoir « collaborer avec la défense de Radovan Karadžić au TPY ». L’arrestation de Ganić a eu lieu à Londres le 1er mars, le jour même de l’ouverture du procès de Karadžić à la Haye pour crimes de guerre commis en Bosnie entre 1992 et 1995. « Il convient de garder à l’esprit que Karadžić va se défendre en affirmant que l’armée fédérale yougoslave et les serbes ne faisaient que se défendre contre l’agression bosniaque alors qu’ils tuaient 10.000 habitants de Sarajevo et bien plus ailleurs en Bosnie. De plus, le fait que les magistrats serbes usent de telles tactiques politiques démontre qu’ils ne considèrent pas les institutions juridiques en tant que telles mais comme des instruments politiques ». Ejup Ganić devra comparaître devant les juges le 25 mars à Westminister. Durant l’audience, l’accusation et la défense présenteront leurs preuves et arguments respectifs. Selon des haut fonctionnaires de Belgrade, 800 pages de preuves ont été envoyées à Londres. |
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