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Albanie : violences conjugales, les femmes méritent justice !

Traduit par Mandi Gueguen
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 29 mars 2010
Mise en ligne : mercredi 7 avril 2010
Amnesty International, la prestigieuse organisation qui défend les droits de la personne, a récemment publié un rapport concernant la violence que subissent les femmes et les jeunes femmes au sein de leurs familles en Albanie. L’ONG demande, de ce fait, à Tirana de prendre les mesures nécessaires pour assurer leur protection.

Sabine Zwiers, responsable de la région des Balkans auprès du bureau principal de l’association basée aux Pays Bas, nous a mis à disposition le rapport en question, où il est souligné que bien qu’une loi ait été adoptée en 2007 pour protéger les femmes des violences, en réalité elle est bien peu appliquée.

La loi de 2007 permet aux femmes de rapporter à la police les abus ou violences systématiques que leur infligent leur époux ou d’autres membres de la famille. Sian Jones, expert international d’Amnesty International, affirme que « les femmes et les jeunes filles sont de plus en plus confiantes pour rechercher l’aide des autorités et dénoncer les violences domestiques dont elles font les frais. Elles ont été une bonne centaine à s’en être remises à la police ».

Selon le dernier rapport d’AI, une femme albanaise sur trois est victime de ce genre de violences, or la majorité d’entre elles refuse de les dénoncer par crainte du jugement. Même les débats ou la discussion autour de ce thème sont tabous, surtout dans les zones rurales reculées. Certains cas de violence rapportés par AI sont véritablement choquants.

« En août 2009, Luli a demandé l’aide de la police après que son époux l’avait chassé de la maison conjugale avec leur enfant. Il battait souvent son épouse, surtout quand il était ivre, et cela durait depuis le début de leur mariage trois ans auparavant. Sans domicile ni possibilité d’être hébergée chez sa propre mère, Luli a dû passer trois jours à l’hôpital avant de trouver un centre abritant les femmes violentées, situé dans une autre ville ».

Luli a déclaré à AI que « les femmes doivent dénoncer la violence. Elles ne doivent pas l’accepter pendant si longtemps et ne doivent permettre à personne de les maltraiter ».

AI observe que de nombreuses femmes qui osent porter plainte, la retirent étant donné leurs limites et leur dépendance financières à leurs époux. L’organisation en appelle au gouvernement pour qu’il s’efforce de faire appliquer la loi et protège ses femmes.

La police, d’un autre côté, s’est souvent montrée peu expérimentée et incapable de gérer de telles affaires. De ce fait, les victimes sont livrées à elles-mêmes, par manque de coordination des instances officielles et d’aide. Ces femmes éprouvées se retrouvent ainsi le plus souvent sans domicile fixe.