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Yougoslavie, de la décomposition aux enjeux européens |
La Yougoslavie a officiellement cessé d’exister ce jeudi 14 mars 2002, pour être remplacé par une « Union » des deux Etats de Serbie et de Monténégro.
Cette Union disposera d’un nombre limité d’organes communs (un Président et un Conseil des Ministres). L’accord signé à Belgrade, à l’issue d’un long marathon de négociations, par le Président fédéral Vojislav Kostunica, le Président monténégrin Milo Djukanovic, et le responsable de la politique étrangère européenne Javier Solana, devrait mettre fin à une longue crise. Au bout d’une période probatoire de trois ans, les deux Etats associés pourront envisager de poursuivre ou non l’aventure commune, ce qui ouvre la possibilité de référendums d’autodétermination. Vu du Monténégro, les optimistes noteront que le pays est officiellement considéré comme un acteur politique pour la première fois depuis 1918. Les indépendantistes les plus convaincus déploreront par contre que le référendum et une éventuelle proclamation d’indépendance soient ainsi repoussés d’au moins trois ans.
L’opinion monténégrine étant toujours divisée sur cette question sensible, la voix de la raison oblige cependant à reconnaître que l’accord n’est pas loin de constituer le moins mauvais compromis possible. Vu de Belgrade, certains réclamaient depuis quelques mois un référendum et l’indépendance de cette république. Pourtant, il est probable que la grande majorité de la population serbe continue d’être attachée aux liens historiques qui l’unissent avec le Monténégro. Là encore, le compromis paraît respectable. Surtout, l’absence de solution de la question étatique bloquait depuis des mois les politiques de réforme que les gouvernements de Belgrade et de Podgorica voulaient entreprendre.
Comment, en effet, réformer un Etat quand on ne sait pas quel est l’Etat que l’on doit réformer ? Le compromis du 14 mars 2002 fera date, à condition bien sûr, que les citoyens de deux pays fassent le choix d’une politique réelle et réaliste de réformes et ne choisissent pas le camp d’aucune surenchère démagogique. Le Courrier des Balkans vous tiendra bien sûr informés des réactions à cette décision historique, à ses conséquences et à sa réception par les citoyens de Serbie et du Monténégro. Dans l’immédiat, nous ne pouvons que constater qu’un bon compromis a, enfin, des chances de l’emporter sur les logiques d’affrontements.
La rédaction du Courrier des Balkans










