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Blic
Reconnaissance du Kosovo : deux scénarios possibles pour les négociationsTraduit par Jacqueline Dérens
Publié dans la presse : 6 mai 2010
Mise en ligne : jeudi 20 mai 2010
Dernièrement, la presse n’a parlé que des négociations qui seraient en cours entre Belgrade et Pristina sur le statut du Kosovo. Le Secrétaire d’État auprès du ministère serbe pour le Kosovo et Metohija, Oliver Ivanović, affirme que les négociations entre les Serbes et les Albanais ne pourraient commencer qu’après l’avis de la Cour internationale de Justice (CIJ). De leur côté, Washington et l’Union européenne préfèrent ne pas perdre de temps et préparent déjà les futures relations entre les deux États en estimant que la CIJ approuvera l’indépendance du Kosovo.
Par T. Spaic
Washington et Bruxelles préparent des scénarios pour stabiliser les relations entre la Serbie et le Kosovo une fois que la Cour internationale de Justice (CIJ) aura donné son avis sur l’indépendance du Kosovo. Alors que l’UE n’a pas encore de plan défini et se concentre sur la pression à exercer sur la Serbie pour qu’elle commence à avoir une coopération pratique avec les autorités du Kosovo, Washington travaille depuis deux mois déjà à un plan qui demanderait à Belgrade de consentir à une suspension de la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies, en échange d’un rapprochement accéléré vers l’Europe et l’accès à ses financements. Obrad Kesić, un analyste politique bien informé de l’agence « TSM Global » de Washington a révélé au journal Blic des aspects de la nouvelle politique du Département d’État qui a reçu le feu vert de la Maison-Blanche. Selon lui, l’administration américaine espère que Belgrade donnera son assentiment à la suspension de la résolution 1244 aussitôt après l’annonce de l’avis de la CIJ. Une nouvelle résolution des Nations Unies en préparation « La nouvelle résolution des Nations unies, que Washington est prêt à soutenir, prendrait en compte l’avis de la CIJ et elle serait alors fondamentale pour renforcer l’indépendance du Kosovo. La grande différence serait sa durée limitée. Alors que la résolution 1244 est automatiquement prolongée et ne peut être suspendue que par un vote, la nouvelle résolution ne serait prolongée qu’en cas de vote favorable », explique Obrad Kesić. Des discussions informelles techniques entre Belgrade et Pristina ont déjà commencé. Ces deux derniers mois plusieurs rencontres ont eu lieu avec la participation des représentants du ministère des Affaires étrangères de Serbie, du ministère de l’Intérieur et du cabinet du Président Tadić selon les sources de Blic à Washington. Elles ont pour objet les questions techniques au niveau de la coopération opérationnelle visant à établir des moyens de contacts en cas de crise. Les visions de Washington et de Belgrade sont conflictuelles. Les USA veulent que le Kosovo devienne membre des Nations unies, alors que Belgrade ne veut entendre parler que de négociations sur les frontières. Obrad Kesić explique que Belgrade ne se sent pas assez fort pour dire publiquement qu’il est en train de négocier une partition du Kosovo, il en va de même pour le gouvernement de Pristina. Belgrade et Prsitina négocient en secret ? Le sujet des négociations secrètes entre Belgrade et Pristina est apparu dans les médias il y a plusieurs jours après la publication d’un article par l’expert américain en politique étrangère, Nicholas Gvozdev, dans le très influent magazine Foreign Affairs. L’article précisait que « le statut et les frontières » étaient des sujets séparés, et que si « le statut n’est pas négociable, la question des frontières reste ouverte ». Veton Suroi, le politologue influent de Pristina s’est exprimé peu après en déclarant que la communauté internationale souhaitait que la question des relations entre Belgrade et Pristina soit résolue par la négociation. Mais les sources de Blic au ministère des Affaires étrangères affirment d’une manière catégorique que ce ne sont là que « des provocations pures et simples » et qu’il n’y aura pas de négociations avant l’avis de la CIJ et avant la tenue d’une session du Conseil de sécurité des Nations unies. Le ministre des Affaires étrangères de Serbie, Vuk Jeremić, a déclaré à l’agence Tanjug que « les négociations sur le Kosovo et Metohija sont possibles seulement dans le cadre de la résolution 1244 ». Le point de vue de l’Union européenne Le ministre des Affaires étrangères italien, Franco Frattini, a déclaré que les négociations entre Belgrade et Pristina commenceraient immédiatement après la conférence sur les Balkans occidentaux qui doit se tenir à Sarajevo et la BBC, de son côté, a appris de sources officieuses que les questions à l’ordre du jour de la conférence seraient la décentralisation, l’héritage culturel et le nord du Kosovo. Le Parlement européen à Bruxelles prépare une résolution demandant à la Serbie d’avoir « une démarche pragmatique » envers le statut du Kosovo, de ne plus faire obstruction à l’adhésion de ce dernier aux institutions internationales et d’avoir de bonnes relations de voisinage avec lui. L’ambassadeur de Suède en Serbie, Krister Bringeus, vient de déclarer que « la place de la Serbie est dans l’Union européenne, mais une condition nécessaire est la coopération régionale entre la Serbie et le Kosovo ». Le Secrétaire d’État auprès du ministère pour le Kosovo et Metohija, Oliver Ivanović, a déclaré que les négociations entre les Serbes et les Albanais ne pourraient commencer qu’après l’avis de la CIJ. |
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