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Makedonia/To Vima

Diplomatie : 21 accords signés entre la Grèce et la Turquie

Traduit par Laurelou Piguet
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 14 mai 2010
Mise en ligne : samedi 15 mai 2010
Le premier ministre Recep Tayyip Erdoğan est en visite à Athènes vendredi 14 mai et samedi 15 mai, avec une grande partie de son gouvernement et une forte délégation d’hommes d’affaires turcs. Yorgos Papandréou veut ainsi rompre avec le climat créé par le précédent gouvernement dans les relations avec le voisin turc, et revenir à sa politique de rapprochement menée entre 1999 et 2004 quand il était ministre des Affaires étrangères. 21 accords ont déjà été signés entre les deux gouvernements.

Par Angeliki Spanou et Angelos Athasopoulos

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Y. Papandreou et R.T. Erdoğan

Arrivé peu après midi vendredi 14 mai, monsieur Erdoğan a rencontré le président de la République hellène, Karolos Papoulias, et le Premier ministre, Yorgos Papandréou. Il doit également rencontrer le président du Parlement hellène, Philippos Petsalnikos, et le chef de l’opposition gouvernementale, Antonis Samaras. Vendredi après-midi se tient à l’hôtel Hilton un Conseil des ministres mixte en présence de dix ministres du gouvernement turc et de sept ministres grecs (de l’économie, la marine, de l’aménagement du territoire, de l’éducation, de l’environnement, de la protection du citoyen, de la culture et du tourisme). La création du Haut Conseil de la coopération a été annoncée, qui prévoit des contacts réguliers au niveau politique et, petit à petit, un approfondissement du dialogue bipartie sur tous les plans.

Un forum gréco-turc d’investissements réunissait le 14 mai 100 chefs d’entreprise turcs, qui ont fait le voyage avec monsieur Erdogan. Samedi matin, Recep Tayyip Erdoğan aura un petit-déjeuner d’affaires pour s’entretenir avec des directeurs de journaux, selon le modèle qu’il a suivi quand il s’est rendu récemment dans la zone occupée de Chypre et qu’il a discuté ouvertement avec des journalistes grecs chypriotes. Avant de rentrer en Turquie, il visitera le musée de l’Acropole et aura une autre rencontre informelle avec Yorgos Papandréou.

Cette visite de R.T. Erdoğan à Athènes est l’occasion de signer une dizaine d’accords. Entre autres, les ministres de l’Éducation des deux pays doivent signer un accord prévoyant un droit mutuel de regard sur les manuels scolaires d’histoire des deux pays, afin d’éviter de cultiver les préjugés et la peur du voisin. La ministre grecque de l’Éducation, Anna Diamantopoulou, a déclaré qu’une nouvelle approche serait appliquée dans les manuels d’histoire grecs « afin que l’animosité et les termes agressifs disparaissent ». Mais également dans le domaine économique et militaire, des avancées sont annoncées. Ainsi, le journal turc Houriet titrait « Adieux aux armes » pour annoncer, à l’instar d’autres médias turcs, une décision mutuelle sur la réduction des dépenses de défense. Au centre des discussions entre les deux parties se trouveront également les sujets d’intérêt économique, comme la coopération dans le domaine de l’énergie et du tourisme, des investissements bancaires, la coopération dans les transports et l’augmentation des échanges commerciaux. La partie turque demande la suppression du visa, en particulier pour les chefs d’entreprise, et promet des investissements de plusieurs milliards de dollars.

La grande inconnue de cette visite reste la façon dont seront abordés les sujets « brûlants » actuels comme Chypre et la marche de la Turquie vers l’Europe. La Grèce souhaite aussi une intensification des contacts exploratoires pour la délimitation du plateau continental. Les revendications constantes de la Turquie en mer Égée (la veille de cette visite officielle, encore, un incident s’est produit entre une frégate turque et un avion militaire grec qui se trouvaient dans la même zone pour des exercices militaires, faisant suite à de fréquentes incursions d’avions militaires turcs dans l’espace aérien des îles de la mer Égée), et la menace du « casus belli » appliqué par le Parlement turc à l’égard de la Grèce, sont brandis par l’opposition pour insister sur les points encore irrésolus dans les relations entre les deux pays.