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Macédoine : Le nom plus important que l’UE et l’Otan

Traduit par Stéphane Surprenant
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 13 juillet 2010
Mise en ligne : jeudi 15 juillet 2010
Selon un sondage commandé par le Secrétariat aux affaires européennes de la Macédoine, la population se montre davantage préoccupée par le fait que leur pays conserve son nom actuel que par son intégration à l’UE et à l’Otan. Cette enquête révèle aussi que l’appui à l’intégration européenne a connu une chute de 7 points en à peine un an. Des résultats qui s’expliquent sans doute par la lenteur du processus, notamment liée au véto grec.

Par Sinisa-Jakov Marusic

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Manifestation en faveur de l’intégration de la Macédoine à l’UE, décembre 2009 © Reuters

Conserver le nom de la Macédoine est plus important que l’intégration du pays à l’Union européenne et à l’Otan. Voilà ce qu’a révélé le dernier sondage commandé par le Secrétariat aux affaires européennes de la Macédoine (SAE).

Environ les deux tiers des répondants – 66,5% plus précisément – ont déclaré que garder le nom actuel du pays constituait la priorité par excellence. Seules 26,2% des personnes sondées ont affirmé que la priorité à leurs yeux était l’entrée de leur pays dans l’UE et l’Otan.

Le sondage montre également une grande disparité dans la définition des priorités entre la majorité macédonienne et la minorité albanaise, qui représente le quart de la population nationale.

Alors que 82,1% des Macédoniens pensent que la préservation du nom de leur État est plus importante que l’accession à l’Otan et à l’UE, cette proportion chute à 18,1% chez les Albanais. À l’inverse, une large majorité des Albanais à qui l’on a posé cette question – soit 77,8% – optait plutôt pour l’intégration à l’UE et à l’Otan.

Le sondage montre aussi que l’appui en général des citoyens macédoniens à l’intégration de la Macédoine à l’UE a baissé de 7% en seulement un an, passant de 82% à 75%.

« Les gens sont conscients que nous nous sommes retrouvés dans une situation plutôt absurde l’année dernière, lorsque la Commission européenne a recommandé de lancer les pourparlers en vue de l’accession [de la Macédoine] à l’UE, tandis que le Conseil des ministres européens était incapable de s’entendre sur la date du début des négociations en raison du blocage de l’un des États membres, en l’occurrence la Grèce », a expliqué au Balkan Insight une source travaillant à l’Institut de recherche politique, basé à Skopje, qui a été chargé par le SAE de mener cette enquête auprès de l’opinion publique.

Dans ce périple vers l’intégration euro-atlantique, 46,1% des sondés ont estimé que la Macédoine devait surtout concentrer ses efforts sur la résolution des problèmes économiques nationaux. L’amélioration du système judiciaire arrive en deuxième place avec 23,3% des avis, suivie par les inquiétudes relatives à la sécurité du pays, préoccupation principale de 15,1% des répondants.

Ce sondage a été mené les 3 et 4 juillet 2010 auprès de 1110 personnes.