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Le Courrier des Balkans

Serbie : la bataille pour le Kosovo se jouera devant l’Assemblée générale de l’ONU

Traduit par Jad
Sur la Toile :
Mise en ligne : mardi 27 juillet 2010
Le Parlement serbe, réuni en séance exceptionnelle lundi, a apporté son soutien au gouvernement, qui va déposer devant l’Assemblée générale des Nations Unies une résolution demandant l’ouverture de nouvelles négociations sur le statut du Kosovo. Au terme d’un débat de près de 12 heures, 192 députés ont adopté le texte présenté par les partis de la majorité. Le LDP et le SRS ont voté contre.
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Boris Tadić devant le Parlement

Le Parlement serbe avait été convoqué en session extraordinaire après l’avis de la Cour internationale de justice (CIJ) qui a conclu jeudi que la proclamation d’indépendance par les autorités de Pristina, le 17 février 2008, n’avait pas violé le droit international. Dans une motion sur la poursuite de la « défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays », les députés serbes considèrent que le projet de résolution, adopté par l’Assemblée générale, « ouvrirait la voie à une solution de compromis sur le Kosovo par les négociations ».

« Le Parlement autorise le gouvernement à déployer tous les efforts diplomatiques pour assurer l’adoption de cette résolution par l’Assemblée générale des Nations unies », ajoute le document.

Le texte adopté par le Parlement serbe souligne qu’il faut parvenir par des « négociations pacifiques », à une « solution permanente, durable et mutuellement acceptable pour le Kosovo, en conformité avec la Constitution serbe ».

Le Parlement a répété que la Serbie ne reconnaîtra jamais, « implicitement ou explicitement », la proclamation d’indépendance du Kosovo.

Le ministre serbe des Affaires étrangères, Vuk Jeremić, avait indiqué auparavant devant les parlementaires que la Serbie entendait élaborer seule ce projet de résolution, écartant ainsi les éventualités évoquées ces derniers jours dans la presse serbe selon lesquelles une telle résolution serait préparée de concert avec les Européens. Le ministre avait précisé qu’il souhaitait que le projet de résolution puisse avoir pour résultat une reprise des négociations sur le statut du Kosovo. « La Serbie veut que les Nations unies concluent que les sécessionistes n’avaient pas le droit » de proclamer l’indépendance, a-t-il ajouté. Pour les autorités de Pristina, une reprise des négociations sur l’indépendance est exclue.

Les Européens invitent aussi Serbes et Albanais kosovars à reprendre le dialogue en laissant de côté la question de l’indépendance. Le débat n’a pas été marqué par des dérapages verbaux dont l’opposition ultra-nationaliste était coutumière il y a encore quelque temps. Quelques députés du Parti radical serbe (SRS) ont cependant réclamé la démission du président serbe, Boris Tadić, et de celle de Vuk Jeremić, après l’avis de la CIJ. Le président serbe a reconnu que l’avis de la Cour constituait un « coup dur pour la Serbie ».

Il a toutefois souligné que les efforts de son pays au sujet du Kosovo ne devaient pas conduire son pays à l’isolement international et que Belgrade ne devait pas prendre le risque d’un conflit avec l’UE. Belgrade « doit avoir les meilleures relations possibles avec les grandes puisssances, car toute autre politique conduirait la Serbie directement au désastre, et ses citoyens directement à la pauvreté ». La Serbie doit rejoindre au plus vite l’Union européenne, a souligné le Président.