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Eleftherotypia / Ethnos

Grèce : la grève des transporteurs routiers paralyse le pays

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Publié dans la presse : 27 juillet 2010
Mise en ligne : vendredi 30 juillet 2010
La grève des propriétaires de camions-citerne se durcit en Grèce, et l’essence se fait rare. C’est le chaos en ce début de week-end et de départ en vacances du mois d’août. Les chauffeurs routiers ont décidé dimanche de suspendre leur mouvement et devraient reprendre le travail à partir de ce lundi.

La grève du zèle des contrôleurs du ciel cette semaine a créé le chaos dans les aéroports grecs, même si la situation s’est améliorée à partir de mardi, tandis que les déplacements automobiles et les approvisionnements sont bloqués par le mouvement de grève des propriétaires de camions-citernes et de camions d’utilisation publique.

Le mouvement a été reconduit mardi 27 juillet au soir. Ils protestent contre le projet de loi qui vise à libéraliser leur secteur d’activité. Le projet de loi prévoit une période de transition de trois ans qui permettra d’effectuer la complète libéralisation des transports commerciaux par voie routière. Au cours de ces trois années, le prix de la licence permettant d’être propriétaire d’un tel véhicule serait diminué jusqu’à la rendre gratuite. Devant les protestations, le gouvernement grec devait accorder aux grévistes, lors d’une réunion prévue mercredi 28 juillet au matin, la concession d’une autre licence qui serait venue compenser la dévalorisation subie du fait de la nouvelle mesure.

Après l’échec des négociations menées par le gouvernement auprès des organisations syndicales de propriétaires de camions-citerne jeudi 29 juillet, la grève menace de se poursuivre malgré les tentatives laborieuses de réquisition des camions imposée par le gouvernement. La situation semble échapper aux syndicats qui n’ont pas osé mettre un terme à la grève. Une assemblée générale prévue vendredi 30 juillet après-midi doit décider de la poursuite ou non du mouvement.

Les syndicats de gérants de stations-essence envisagent aussi de se mettre en grève. Ils veulent protester contre un projet de loi annoncé par le ministre de l’Aménagement du territoire, qui prévoit de réduire la distance de sécurité entre plusieurs stations nécessaire à l’installation de nouveaux points de vente de carburants. Pour eux, il s’agit d’une mesure inspirée par le FMI, l’UE et la BCE pour sortir de la crise, en assurant aux grands groupes d’intérêt le monopole du marché. Mais le président de la fédération des commerçants de combustibles, Yorgos Asmatoglou, a assuré que l’idée de grève avait été abandonnée : il est en négociations constantes avec le ministère compétent selon lequel le sujet serait discuté à l’automne. « Si cela ne se passe pas comme prévu, nous pourrons prendre la décision d’entamer des mouvements de grève. Pour le moment, cela n’a pas de sens. Les stations n’ont déjà plus de carburant (…) ! »

Des milliers de vacanciers risquent de devoir renoncer à partir par manque d’essence pour pouvoir se déplacer. En effet, la reconduite de la grève des propriétaires de camions-citernes menace les stations-essence qui ne sont plus approvisionnées. Des queues de plusieurs kilomètres de long sont apparues dès lundi, provoquant des embouteillages, en particulier sur les grands axes de la capitale et de Thessalonique. On a vu des conducteurs en arriver aux mains pour défendre leur place dans les files d’attente... Il est presque impossible de trouver du carburant, depuis lundi certaines stations sont totalement à court. Au même moment, certains crient à l’escroquerie puisque les prix ont officiellement augmenté de 1,5 centime le litre. Si la grève se poursuit, l’approvisionnement en biens de première nécessité sur les îles et dans les régions isolées risque d’être très difficile.

Les professionnels craignent que ce ne soit le coup de grâce pour le tourisme et n’excluent pas la perspective d’annulations en masse pour la période août-octobre. Le secteur du commerce et des affaires dans son ensemble appelle les grévistes à songer aux conséquences que ne manquera pas d’avoir leur mouvement sur le tourisme et le commerce. Le président de la Fédération panhellénique des hôteliers, Andréas Andréadis, a souligné lundi que « le moment est particulièrement mal choisi pour cette grève. Ce mouvement va se retourner contre le pays, qui risque une nouvelle fois de faire la une des médias internationaux de manière très négative. Nos concurrents nous attendent au tournant, car la Turquie, par exemple, profite d’une hausse de 20% de la fréquentation alors que la Grèce va subir une perte de 10% cette année ».