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Grèce : maintenant, il est (vraiment) interdit de fumer

Traduit par Laurelou Piguet
Sur la Toile :
Mise en ligne : mercredi 1er septembre 2010
A partir du 1er septembre en Grèce, il est interdit de fumer dans tous les lieux publics, dans les bureaux comme dans les cafés. En réalité, cette interdiction est déjà en vigueur depuis 2002, mais cette fois-ci, le gouvernement assure que la loi, assortie de lourdes sanctions, sera respectée...

Le premier mois de l’application de la loi constituera une période de transition et de tolérance pendant laquelle seuls des avertissements pourront être infligés aux contrevenants. Cependant, ces avertissements seront pris sérieusement en compte en cas de récidive. Les amendes infligées aux responsables de l’application de la loi, qu’ils soient gérants d’un magasin, d’un établissement, ou responsables d’un lieu de travail, comme les directeurs d’entreprises et de sociétés, s’élèveront de 500 à 10.000 euros. Après la quatrième récidive, un établissement qui ne fera pas respecter cette mesure sera fermé provisoirement pour une dizaine de jours et après la cinquième, la licence lui sera retirée.

Les fumeurs, de leur côté, se verront infliger une amende allant de 50 à 500 euros. Toutes les personnes désireuses de donner des renseignements ou de dénoncer des manquements à l’application de la loi pourront appeler un numéro spécial mis en place à cet effet. Les fumeurs qui refusent d’appliquer ces mesures pourront être pris en flagrant délit. La bonne application de la loi sera supervisée par les différentes forces de police (portuaire, nationale et municipale), ainsi que par les services sociaux des préfectures et des municipalités.

« Nous approuvons cette loi sur le fond, mais nous sommes en désaccord avec le gouvernement sur le délai qu’il a accordé pour sa mise en application », explique le secrétaire général de la Fédération panhellénique des sociétés de restauration, Yorgos Kavathas. « A l’heure où l’économie est en récession et où notre chiffre d’affaires subit une baisse de 20 à 25%, il ne nous est pas possible d’appliquer une loi qui va conduire de façon certaine à la fermeture des établissements et à l’augmentation du chômage ». Selon lui, en France, où la même loi a été mise en place, on a constaté une chute du chiffre d’affaires de 30% dans les établissements de restauration lors de la première année de fonctionnement. Dans le contexte actuel grec, les entreprises grecques ne le supporteront pas, complète-t-il.

Tous les propriétaires de cafés ou de restaurants se verront pourtant obligés d’appliquer la loi. « Ce que nous pouvons faire, c’est informer nos clients, retirer les cendriers et formuler des avertissements envers ceux qui ne se plient pas à la loi ».

« Les amendes prévues sont lourdes pour nous », continue Yorgos Kavathas, « d’autant plus que ce n’est pas de notre faute. Ils nous obligent à faire la police et à nous opposer à nos propres clients. Nous avions demandé que soient exclus de cette loi tous les lieux de divertissements et les cafés traditionnels. Mais le gouvernement n’a fait une exception, jusqu’en mai 2011, que pour les établissements et lieux de divertissement de plus de 300 m2 qui proposent des concerts, ainsi que les casinos ».

Commentant la loi mise en place par le précédent gouvernement, qui imposait d’instaurer des zones non-fumeurs dans les cafés et restaurants, le secrétaire général de l’Association panhellénique des lieux de restauration et de divertissement, Ilias Kalioras, déplore que « beaucoup de propriétaires, en accord avec la précédente loi, avaient investi de 30 à 40.000 euros dans leurs établissements pour la création de zones fumeurs. Maintenant, cet investissement tombe à l’eau ». Même s’il qualifie cette mesure de « positive », Ilias Kalioras pense qu’elle va conduire à la fermeture d’environ 20% des établissements.

Il pense que cette loi a a surtout une visée lucrative. « Cela donne aux communes une nouvelle source de revenus : une grande part des amendes va leur revenir et nous nous attendons à un acharnement de la part de la police municipale, pour grossir les revenus des municipalités », explique-t-il. De fait, l’argent procuré par la collecte des amendes servira à 80% à couvrir les frais de contrôles et d’application de la loi, et à 20% à des programmes de santé publique.