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Grèce : un remaniement ministériel pour relancer le paysTraduit par Laurelou Piguet
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 7 septembre 2010
Mise en ligne : mercredi 8 septembre 2010
A quelques semaines de la tenue d’élections locales, Yorgos Papandréou, Premier ministre grec, a annoncé dans la nuit de lundi à mardi un spectaculaire remaniement ministériel destiné à accélérer les grands projets gouvernementaux et à terminer la mise en œuvre des réformes structurelles. Ce remaniement comprend des changements importants, mais renforce aussi les ministres qui ont la confiance du premier ministre, et qui auront la lourde tâche de faire repartir l’économie et d’appliquer les mesures demandées par le Mémorandum.
Le nouveau gouvernement se base essentiellement sur une équipe renforcée de cinq ministres, Yannis Ragousis (qui reste ministre de l’Intérieur), Yorgos Papakonstantinou (qui reste au ministère de l’Economie), Michalis Chrysochoïdis (qui passe au ministère du Développement régional et et de la Compétitivité), Andreas Loverdos (qui passe au ministère de la Santé) et Charis Pamboukis (ministre d’État) qui doivent tenter de sortir le pays de la crise. Ces ministres s’étaient positionnés dès le début en faveur des mesures nécessaires pour éviter la faillite, ils partagent aussi les mêmes vues sur les changements à apporter au fonctionnement de l’État et de l’économie grecs. Cela permettra d’effacer les divergences idéologiques qui avaient freiné l’action du précédent gouvernement, notamment entre la direction du ministère de l’Économie et celui du Développement. Après sa mission délicate pour la réforme de l’assurance sociale, Andreas Loverdos se retrouve au ministère de la Santé où il va devoir faire face aux problèmes des déficits, de la mauvaise qualité des services hospitaliers, de l’étendue de la corruption dans ce secteur et des prix exorbitants des services de santé privés. Il était, avec Yorgos Papakonstantinou, déjà présent dans le précédent gouvernement. Tous deux, aguerris tant par les négociations difficiles avec l’UE, le FMI et la BCE que par la prise de mesure impopulaires imposées par le Mémorandum, restent aux côtés du Premier ministre dans cette nouvelle phase de son mandat. Ce dernier ne s’est d’ailleurs pas contenté de changer le nom des ministres en place, mais a procédé aussi à une redéfinition des compétences des cinq ministères en question, pour améliorer la coordination au sein du gouvernement. Par exemple, Yannis Ragousis, qui reste au ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, reçoit en outre au sein de son équipe une structure exécutive chargée d’élaborer la stratégie pour l’application du projet gouvernemental. En pratique, il aura donc lui-même un rôle de coordinateur de l’action du gouvernement. De même, le portefeuille de Yorgos Papakonstantinou s’enrichit d’un secrétaire d’État supplémentaire chargé des recettes, ce qu’il demandait depuis des mois. Il est donc clair que si cette équipe de cinq ministres ne fonctionne pas officiellement comme un comité gouvernemental, il en aura dans la pratique le rôle, en particulier grâce à son action dans le domaine de la communication et de la coordination. C’est cette équipe qui, dans le même temps, sera en charge des négociations avec la « troïka » (UE, FMI, BCE), et de l’application des mesures imposées par le Mémorandum. Yorgos Papandréou n’a pas pris le risque de confier des portefeuilles à des cadres encore inexpérimentés, tous les ministres qui ont été remplacés l’ont été par des personnes ayant déjà exercé des fonctions ministérielles. |
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