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Eleftherotypia

Athènes : collusion entre la police et les casseurs d’extrême droite ?

Traduit par Laurelou Piguet
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 1er juillet 2011
Mise en ligne : dimanche 3 juillet 2011
Que s’est-il vraiment passé mercredi dans les rues d’Athènes ? Des documents accablants montrent la collusion entre les forces de l’ordre et des casseurs d’extrême droite, tandis que les partis de gauche demandent aussi des comptes sur les moyens utilisés par la police, qui a eu massivement recours à des gaz chimiques contre les manifestants. La justice a ouvert une enquête.

Par Katerina Kati

Jeudi matin, la procureur du Tribunal de grande instance d’Athènes, Eleni Raikou, a demandé à recevoir la vidéo du journal d’information de la chaîne Alter, où l’on voit des individus d’extrême-droite, le visage masqué, discuter avec des hommes d’une unité de maintien de l’ordre, puis franchir le cordon de sécurité et se diriger vers le Parlement, accompagnés par des hommes en civil.


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Dans ces vidéos, tous les gestes des policiers sont également visibles : on peut voir des citoyens passés à tabac sans raison, entendre les accusations portées par des dizaines de manifestants défilant dans le calme qui ont été attaqués au dépourvu par des policiers. La procureur a sûrement entendu aussi les appels du poste de secours de la Croix-Rouge, installé à l’entrée du métro, qui demandait l’arrêt des jets de gaz.

Après l’étude de cette vidéo, Mme Raikou a commandé une enquête préalable concernant les accusations formulées par le président du Conseil des pharmaciens de l’Attique qui a parlé d’ « utilisation irraisonnée des gaz », et qui avait lancé un appel à ses collègues pour qu’ils apportent des médicaments place de la Constitution. En outre, d’autres accusations, comme celle du vice-président de l’Ordre des médecins d’Athènes, pourraient aussi être utilisées dans cette procédure.

Entre temps, le ministre des Transports a donné ordre d’ouvrir sur le champ une enquête concernant la scène filmée, diffusée sur Alter et sur Internet, où l’on voit ces hommes, dont l’un tient à la main un manche de bois et que des policiers ont aidé à faire sortir de la foule. En effet, les protagonistes de cette scène seraient des employés, proches de l’extrême-droite, de la compagnie des bus d’Athènes. Le ministre demande donc au président de cette compagnie (OSY), de mener une enquête sur des dizaines d’accusations similaires qui ont été rendues publiques, et d’appliquer, si cela est nécessaire, des mesures punitives à l’encontre de ces employés.

17 personnes arrêtées pendant les troubles de mercredi ont été envoyées devant un juge. Elles encourent une peine définie dans la loi dite « sur les cagoules », qui prévoit des circonstances aggravantes. Les délits dont ils sont accusés sont les suivants : « trouble à l’ordre public avec le visage découvert ou couvert, refus d’obéir, tentative de blesser physiquement avec intention, visage couvert ou découvert, fourniture en matériel explosif et insultes ».

Alexis Tsipras, le dirigeant de Synaspismos (gauche radicale) a déposé plainte contre les agents de police et leur hiérarchie pour les événements de ces derniers jours dans le centre d’Athènes. Le dossier contient deux CD, 38 vidéos et des photos qui, selon lui, montrent de façon éloquente des scènes de violence de la part des forces de police contre des citoyens pacifiques. D’autres scènes confirmeraient l’idée d’une collaboration entre police et casseurs encagoulés. Par ailleurs, son parti a déposé une question au Parlement pour demander l’interdiction immédiate de toute utilisation de gaz chimique. « Nous les forcerons à revenir à la légalité », a souligné Alexis Tsipras.