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Le Courrier de la Serbie

Serbie : Sandor Kepiro, le « bourreau de Novi Sad », est mort

De notre correspondant à Belgrade
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Mise en ligne : lundi 5 septembre 2011
Sandor Kepiro, le suspect de crimes de guerre nazis le plus recherché au monde, est mort samedi matin à Budapest à l’âge de 97 ans, a annoncé sa famille, citée par l’agence de presse MTI. Il avait été accusé de complicité de crimes de guerre commis lors d’une rafle en janvier 1942 à Novi Sad, mais avait été acquitté par un tribunal de Budapest, en juillet, faute de preuves.

(Avec AFP) - Sandor Kepiro avait été libéré le 18 juillet au terme d’un procès de deux mois, « non pas sur la base d’absence d’acte criminel mais par manque de preuve », avait indiqué le juge Bela Varga dans ses conclusions. Le parquet hongrois, qui avait requis au minimum une peine de prison ferme contre l’accusé, avait fait appel du verdict.

L’ancien capitaine de la gendarmerie hongroise était inculpé de complicité de crimes de guerre commis lors d’une rafle entre les 21 et 23 janvier 1942 à Novi Sad, alors annexé par la Hongrie alliée de l’Allemagne nazie. Au moins 1.200 civils, juifs et serbes, y avaient péri.

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Kepiro avait été condamné par contumace à 14 ans et à 10 ans de prison. Il s’était réfugié en Autriche, puis en Argentine, où il a vécu jusqu’en 1996. Le Centre Wiesenthal l’a finalement localisé à Budapest en 2006.

L’accusé devait répondre personnellement de la mort de 36 personnes dont il aurait ordonné l’exécution, selon l’accusation. Juriste de formation, il a toujours clamé son innocence. « Je suis innocent, je n’ai jamais tué personne, je n’ai jamais volé quoi que ce soit, j’ai servi mon pays… », avait-il dit lors de sa dernière prise de parole.

Kepiro, visiblement de plus en plus faible lors du procès, n’entendait le juge qu’à l’aide d’un appareil et n’arrivait plus à maintenir sa concentration plus d’une heure. Hospitalisé depuis mi-juillet, il s’était rendu à son verdict une perfusion dans le bras.

L’acquittement en première instance avait provoqué le mécontentement du Centre Wiesenthal qui avait qualifié le verdict de « scandaleux ». Plusieurs centaines de personnes avaient manifesté à Belgrade et à Novi Sad, répondant à l’appel de l’Association pour la mémoire de l’Holocauste, qui réclamait un nouveau procès.