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Ludwig Bauer : « comment s’écrit un roman »

Traduit par Persa Aligrudić
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 6 septembre 2011
Mise en ligne : vendredi 9 septembre 2011
L’écrivain croate Ludwig Bauer est cette année le lauréat du prix littéraire régional Meša Selimović, pour le meilleur roman publié en 2010 en Bosnie-Herzégovine, Croatie, Serbie et au Monténégro. Son roman Zavičaj, zaborav évoque le destin des Allemands des régions dabuniennes. Selon les explication du jury, ce livre « nous apprend comment s’écrit un roman ».

Par I. Matijević

« Je dois reconnaître que je m’attendais à recevoir le prix Meša Selimović, que je considère comme le plus prestigieux de la région. Depuis une dizaine d’années, j’écris des romans qui sont considérés comme les meilleures œuvres de la littérature croate », a déclaré Ludwig Bauer.

Toutefois, le public local, tout au moins parmi les jeunes lecteurs, connaît moins le nom de Ludvig Bauer que ceux d’autres écrivains qui avaient été présélectionnés pour le prix. Grâce aux éditeurs locaux, les noms et les œuvres d’Emir Imamović Pirket, d’Olja Savičević Ivaničević ou d’Ivana Simić Bodrožić sont bien connus et appréciés. La raison tient peut-être tout simplement au fait que ces écrivains appartiennent à une génération plus jeune, alors qu’il y a plus de 20 ans, Ludwig Bauer se voyait déjà décerner les prix les plus prestigieux sur la scène littéraire de l’époque yougoslave : le prix Goranovo en Croatie et le prix NIN en Serbie.

Il n’a d’ailleurs pas pu les recevoir, car le prix NIN ne pouvait pas être attribué à quelqu’un qui n’était pas citoyen de Serbie et, en Croatie, le prix Goranovo à quelqu’un qui, par son origine ethnique, n’était pas Croate. Le même sort a été réservé à ses œuvres, car son écriture est considérée comme « austro-hongroise » et se lit plus en Europe occidentale - surtout dans les régions germanophone - que dans son propre pays.

Ludwig Bauer est né en 1941 à Sisak. Il a obtenu son diplôme de slavistique à Zagreb, puis il a poursuivi ses études à Bratislava et à Prague. Il a traduit des œuvres scientifiques et littéraires, il a enseigné à Zagreb, Londres et Washington. Il a dirigé la maison d’édition Globus et la revue littéraire Naša knjiga. Il a aussi été sondeur d’opinion, chauffeur professionnel, scénariste de dessins animés, chercheur travaillant sur les questions interculturelles et essayiste...

Il a élaboré et rédigé divers livres, (y compris des anthologies et des manuels scolaires), il a écrit des préfaces, des critiques et des exposés. Il a obtenu le prix Politika en 1973 pour son premier roman. Il a publié de nombreux livres d’images pour les enfants, ainsi que dix romans, avant celui qui vient d’être récompensé, parmi lesquels : Biserje za Karolinu, (Perles pour Caroline), Partitura za čarobnu frulu (Partition pour la flûte enchantée), Zapisi i vremena Nikice Slavića (Ecrits et époques de Nikica Slavić) et Patnje Antonije Brabec (Les souffrances d’Antonija Brabec).