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Serbie : le secteur public en tête du hit parade de la corruption

Traduit par Persa Aligrudić
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 22 novembre 2011
Mise en ligne : mercredi 23 novembre 2011
Selon une étude, le secteur public serbe figure largement en tête du hit parade de la corruption. Administration et entreprises publiques ont été mise sous coupe réglée par les différents partis politiques, qui se nourrissent sur la bête par le biais de rétro-commissions systématiques. Du côté des pouvoirs publics, on nie en bloc ces accusations. L’affaire se réglera devant la justice.

par K. Živanović

Les ministères des Infrastructures, de l’Environnement, de l’Aménagement, de l’Éducation et de l’Économie sont classés comme étant les plus corrompus du secteur public, d’après les résultats des recherches de l’Institut international de la sécurité.

Milutin Mrkonjić, ministre des Infrastructures, dément les allégations de ces recherches et souligne que la situation est tout le contraire. « Mon ministère est le moins corrompu de tous. Je ne vois absolument pas de fondement à ces affirmations, pas plus que je ne veux pas commenter ces recherches tant que les données ne seront pas présentées publiquement », fulmine-t-il.

Orhan Dragaš, directeur de l’Institut international de la sécurité, déclare qu’il existe des éléments précis sur la corruption dans les ministères mentionnés comme dans le secteur public. Ils seront remis par l’Institut au Parquet début décembre avant d’être présentés publiquement. Ces données sont le résultat de recherches qui ont duré de trois mois, d’enquêtes et de collectes d’informations par des particuliers et des entreprises avec lesquels ces ministères collaborent.

« Pour les citoyens la corruption dans la police, la santé et la justice est la plus apparente car ils y sont confrontés tous les jours. Cependant, la corruption la plus grave concerne les ministères et les entreprises publiques. Il s’agit d’une corruption très élevée, qui sera l’un des principaux obstacles à la Serbie dans sa voie vers l’intégration européenne », souligne-t-il. D’après lui, la société en Serbie est sous la coupe des politiques, et en particulier la justice.

« Dans le monde il y a ce qu’on appelle le niveau acceptable de corruption, car nulle part elle ne peut être complètement éradiquée. Mais, chez nous la corruption est une règle, pas une exception. Le pouvoir n’est pas capable de lutter contre elle pas plus qu’il n’en a la volonté », poursuit Orhan Dragaš.

Selon les recherches, les partis ont établi un système de rétro-commissions systématiques sur les contrats impliquant une administration ou une entreprise publiques. Le problème est la corruption des médias, qui sont, de manière informelle, contrôlés par les formations politiques. Elles font pression sur les rédactions pour étouffer les affaires. Le moyen utilisé est simple : menacer du retrait des annonceurs publics si certains faits sont publiés.