
![]()
|
Le Courrier des Balkans
Moldavie : le premier scrutin « ouvert » de l’histoire de la Transnistrie ?Sur la Toile :
Mise en ligne : dimanche 11 décembre 2011
Depuis deux décennies, les élections ont toujours été de simples formalités dans la « République moldave de Transnistrie », une entité sécessionniste qui a proclamé son indépendance voici 21 ans. Pour la première fois, Moscou joue contre l’homme fort de Tiraspol, Igor Smirnov, distancé dans les sondages par le nouveau protégé du Kremlin, Anatol Kaminski, actuel président du Soviet Suprême.
Par Jean-Arnault Dérens Il y a pléthore de candidats pour les élections présidentielles de ce 11 décembre : pas moins de six prétendants sont sur la ligne de départ, du jamais vu en République moldave de Transnistrie. Retrouvez notre dossier : Selon les sondages, le président sortant, Igor Smirnov, n’arriverait qu’en deuxième position derrière l’actuel président du Soviet suprême, le Parlement de la République. Anatol Kaminski jouit en effet du soutien ouvert de Moscou. Il semble même que la Russie a tout fait pour essayer de convaincre Igor Smirnov de passer la main - et même pour l’empêcher de se présenter une nouvelle fois. L’idée serait de changer « l’image de marque » de la république sécessionniste. De ce point de vue, comme le note Cristian Ghinea dans Romania Libera, l’opération est « gagnant-gagnant » : l’élection d’une figure nouvelle, plus moderne, ne peut être qu’un atout pour la Transnistrie, mais si Igor Smirnov l’emporte malgré tout, il sera facile d’en tirer des conclusions tout à l’avantage de la « démocratie transnistrienne », indépendante des pressions de Moscou... Suivez l’élection en direct sur le site de notre partenaire Roumanophilie En réalité, de toute manière, bien peu de choses devraient changer : Igor Smirnov comme Anatol Kaminski sont des partisans résolus de l’indépendance de la Transnistrie, entité qui demeure totalement dépendante de l’aide financière et du soutien politique de la Russie. Alors que les « négociations 5+2 » (Moldavie, Transnistrie, UE, Russie, Etats-Unis, Ukraine et OSCE) avaient été suspendues depuis 2006, cette dernière année, les pressions européennes - et surtout allemandes - ont amené une timide relance du processus, avec une reprise des discussions le 20 novembre dernier à Vilnius. C’est dans ce contexte que l’élection présidentielle du 11 décembre prend une importance particulière, mais elle survient aussi dans un contexte parfaitement imprévu : les manifestations anti-Poutine qui prennent de l’ampleur en Russie ne vont-elles pas, paradoxalement, conforter Igor Smirnov, plus attaché que jamais à jouer la carte de « l’indépendance » transnistrienne ? |
Dans le même journalSur les mêmes thèmesÁ lire également
|