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B92
Patrimoine religieux au Kosovo : Pristina signe un accord avec Washington, Belgrade s’énerveTraduit par Simon Rico
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Publié dans la presse : 16 décembre 2011
Mise en ligne : vendredi 16 décembre 2011
Hilary Clinton et la Présidente kosovare Atifete Jahjaga ont signé mercredi un accord bilatéral en vue de préserver le « patrimoine commun » du Kosovo. La Serbie condamne fermement cette entente, hors cadre de l’Unesco. Une bataille y oppose Belgrade et Pristina sur la question de l’appartenance des édifices orthodoxes. La Serbie entend s’opposer à la « Kosovisation » de « ses » biens.
L’accord signé mercredi 14 décembre par les États-Unis et le Kosovo ne fera pas changer la Serbie d’objectif : Belgrade réclame la fin de la « Kosovisation » de l’héritage culturel serbe. Voilà ce qu’a rappelé Slađana Prica, l’adjointe au ministre des Affaires étrangères serbe. « Un accord bilatéral ne peut en acun pas définir le droit d’un État sur le territoire de qui se trouve le patrimoine, et à qui ce patrimoine appartient ». Selon Slađana Prica, cela est garanti par les documents de l’Unesco, notamment la Convention concernant la protection du Patrimoine mondial, dont la Serbie et les États-Unis sont signataires, et « sûrement pas le Kosovo ». Or, « l’unique propriétaire de ce patrimoine est l’Église orthodoxe serbe », explique l’adjointe au ministre. Mercredi, la Secrétaire d’État américaine Hilary Clinton et la Présidente kosovare Atifete Jahjaga ont signé un accord sur la protection et la préservation de certains biens culturels. « J’ai vu le monastère de Gračanica, un monument des plus connus, qui date du XIVe siècle. Il est nécessaire que le Kosovo mette en place une société pluraliste, qui garantisse les mêmes droits pour tous et préserve son patrimoine culturel pour les habitants du Kosovo et des Balkans, mais aussi du monde entier », a déclaré Hilary Clinton. Des propos qui font réagir Slađana Prica. Elle rappelle que les édifices religieux serbes sont tous en danger, et pas seulement les quatre qui ont été classés au Patrimoine mondial de l’Unesco, à la demande de Belgrade. D’autre part, le fait que le document signé mentionne la propriété du Kosovo sur ce patrimoine religieux est « inacceptable ». Pour Slađana Prica, les déclarations de la Présidente kosovare sur le patrimoine commun ne doivent pas faire oublier qu’en 2004, 300 édifices orthodoxes ont été détruits lors des émeutes interéthniques ni que des organisations telles que l’OSCE ont fait part des destructions dont ces bâtiments religieux font l’objet depuis une dizaine d’années. |
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