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Le Courrier de la Bosnie-Herzégovine

Bosnie : la Cour suprême relaxe Ejup Ganić et Jovan Divjak pour l’affaire de la rue Dobrovoljačka

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Mise en ligne : mercredi 18 janvier 2012
La Cour suprême de Bosnie-Herzégovine a définitivement levé toutes les accusations pesant sur 14 personnes pour l’attaque du convoi de la JNA dans la rue Dobrovoljačka de Sarajevo, mais demande une poursuite de l’enquête en reconnaissant qu’existe bien le soupçon qu’a été commis un crime de guerre. Ejup Ganić et Jovan Divjak sont lavés des charges pesant sur eux. Cet arrêt de la Cour suprême est vivement contesté en Republika Srpska.

(Avec Sarajevo-x, B92) - Le 3 mai 1992, un convoi de l’Armée populaire yougoslave est attaqué dans la rue Dobrovoljačka, alors qu’il est en train de quitter Sarajevo, déjà assiégée. 42 soldats sont tués.

La Cour suprême de Bosnie-Herzégovine a conclu que les 14 personnes inculpées n’avaient aucune responsabilité dans ce crime. Elle a toutefois annoncé qu’elle allait poursuivre l’enquête, car existe bien « le soupçon qu’un crime de guerre a été commis, puisque le feu a été ouvert sur les victimes, alors qu’elles n’étaient plus elles-mêmes en état de répondre, ou se trouvaient même déjà à l’intérieur de l’ambulance ».

L’enquête doit notamment porter sur le sort des soldats de la JNA qui auraient été maltraités et torturés alors qu’ils avaient été arrêtés et se trouvaient à la prison de Sarajevo ou au quartier-général de la Défense territoriale.

Ancien membre de la Présidence de la Bosnie-Herzégovine, Ejup Ganić a déclaré qu’il « s’attendait » à cette décision, en ajoutant que « les historiens retiendront que l’attaque de la rue Dobrovoljačka marquait le jour J du début de la libération de la Bosnie-Herzégovine ».

Le Président de la Republika Srpska, Milorad Dodik a vivement contesté cet arrêt, estimant que « la Cour suprême de Bosnie-Herzégovine est le lieu de l’injustice ».

Ejup Ganić avait été arrêté le 1er mars 2010 à l’aéroport de Heathrow, à Londres, sur la base du mandat d’arrêt émis par la Serbie, mais la justice britannique avait refusé de l’extrader vers la Serbie, doutant qu’il pourrait bénéficier d’un procès équitable.

Un an plus tard, le 3 mars 2011, le général Jovan Divjak était, à son tour, arrêté à l’aéroport de Vienne, également sur la base de la plainte émise par la Serbie. Le 29 juillet, la justice autrichienne l’a remis en liberté et il est triomphalement rentré à Sarajevo.