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Seemo et B92

En Serbie, le métier de journaliste est toujours à risque

Traduit par Jacqueline Dérens
Sur la Toile :
Mise en ligne : lundi 27 février 2012
Une organisation de défense des journalistes déplore que la lumière n’ait toujours pas été faite sur la mort de trois journalistes serbes, et s’inquiète des menaces qui planent toujours sur cette profession en Serbie. Dernier événement en date, une équipe de télévision a été agressée à Belgrade, mercredi dernier.

L’Organisation des médias de l’Europe du Sud-Est (SEEMO) basée à Vienne demande aux autorités serbes de faire toute la lumière sur les assassinats de journalistes.

Le ministre de l’Intérieur de Serbie, Ivica Dačić avait déclaré, au cours d’une rencontre avec une délégation du SEEMO conduite par son secrétaire général Oliver Vujović, que selon les statistiques de son ministère les attaques contre les journalistes avaient diminué ces deux dernières années. En 2010, sept attaques ont été enregistrées, et trois cas de menaces contre des journalistes l’ont été en 2011.

Cinq journalistes sous protection policière constante

Mais un membre de l’Institut international de la presse n’a pas manqué de rappeler au ministre que jusqu’à ce jour trois cas de meurtres de journalistes n’étaient toujours pas éclaircis, ceux de Dada Vujasinović en 1994, Slavko Ćuruvija en 1999 et Milan Pantić en 2001. Ni les tueurs, ni les organisateurs de ces meurtres n’ont été arrêtés. Le ministre s’est voulu rassurant en annonçant que la police réexaminerait ces cas et verrait si de nouveaux éléments étaient à prendre en compte. Tout les éléments relatifs à ces affaires avaient été transmis au parquet, mais pour le Seemo « cela ne veut pas dire qu’il y a des preuves suffisantes pour lancer des accusations, en d’autres termes il n’y a pas assez de preuves concluantes ».

En ce moment, cinq journalistes serbes, tous spécialisés dans les reportages sur la corruption, se sont vus accordés une garde policière 24 heures sur 24 par le ministère de l’Intérieur. Le Seemo, tout en félicitant le ministère de fournir cette protection, exprime toutefois son inquiétude sur le fait que la police ne soit pas capable d’éliminer la source de ces menaces qui vient en grande partie d’organisations de type mafieux.

Une meilleure coopération internationale est nécessaire

Comme tout journaliste protégé doit continuer à travailler et à voyager, la protection hors des frontières est une sérieuse préoccupation. Chaque pays a ses propres lois concernant les policiers armés sur son territoire, a expliqué Ivica Dačić, et les policiers serbes ne peuvent pas voyager à l’étranger avec leurs armes enregistrées pour protéger des journalistes. Certains pays assurent que les journalistes ne sont pas en danger sur leur territoire. Mais Ivica Dačić et Oliver Vujović ont convenu que des menaces contre les journalistes persistaient en dehors des frontières.

Si l’on admet que les organisations criminelles internationales disposent de réseaux transfrontaliers , les journalistes menacés ne sont pas en sécurité quand ils quittent leur pays. Oliver Vujović a donc proposé qu’une initiative internationale renforce la coopération entre les polices.

Nouvelle attaque contre des journalistes à Belgrade

« Nous voudrions demander aux autorités policières internationales, et pour commencer à celles des pays de l’Europe du Sud-est, de mieux coopérer et de respecter les analyses faites par leurs collègues. Si des journalistes ont besoin d’une protection policière dans leur pays, ils ont besoin d’une même protection au-delà des frontières de leur pays. Cela implique des changements légaux et il faut trouver des formes de coopération. Vivre avec une protection policière n’est pas facile, mais c’est encore pire quand vous voyager sans cette protection et que vous savez que votre vie est en danger », a expliqué Oliver Vujović.

Travailler en Serbie reste une activité dangereuse pour les journalistes. Mercredi 22 février, un individu, Dejan Žitić, a attaqué une équipe de la télévision Studio B qui travaillait dans un quartier de Belgrade. L’homme a frappé un cameraman et a reconnu les faits. Il a été promptement arrêté par la police et reste en garde à vue. Une enquête est ouverte par le parquet de Belgrade. S’il est reconnu coupable, Dejan Žitić encourt une peine de un à huit ans de prison pour mise en danger d’autrui et de six mois à cinq ans de prison pour comportement violent. L’attaque a été condamnée par Seemo qui rappelle que souvent, dans des cas semblables, les peines ont été très légères.