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Le Courrier des Balkans

La Moldavie a un président de la république, l’opposition communiste conteste

De notre envoyé spécial à Chișinău
Sur la Toile :
Mise en ligne : vendredi 16 mars 2012
Pour la septième fois en trois ans, les députés moldaves étaient réunis vendredi matin pour élire le Président de la République... À la surprise générale, ils ont réussi à le faire ! Le juge Nicolae Timofti, président du Conseil supérieur de la magistrature, a remporté 62 voix sur 101. Le puissant Parti communiste (PCRM) conteste toutefois cette élection.

Par Mehdi Chebana

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Nicolae Timofti

Trois ans après les émeutes anti-communistes qui ont frappé Chisinau, le parlement moldave est toujours en travaux. Il n’y a plus d’échafaudage sur la façade, mais il y a encore beaucoup à faire pour restaurer le mobilier à l’intérieur.


Retrouvez notre dossier :
Après trois ans de crise politique, la Moldavie a enfin un président !


C’est donc à quelques encablures, dans l’imposant Palais de la République, que les députés du pays le plus pauvre d’Europe étaient appelé à voter ce vendredi matin. Pour la septième fois depuis le printemps 2009, ils tentaient d’élire un chef d’Etat. Et, miracle que l’on n’attendait plus, ils y sont parvenus.

Seul en lice, le président du Conseil supérieur de la magistrature, Nicolae Timofti, a obtenu 62 voix, soit une de plus que le seuil requis pour valider son élection. Il devient donc, à 63 ans, et malgré son manque d’expérience en politique, le quatrième président de la République de Moldavie. « J’ai accepté d’être président parce que mon pays en a besoin. Mais je n’ai jamais fait de politique et je n’en ferai jamais », a-t-il déclaré avant le vote.

Devant le Palais de la République, environ 200 partisans de la coalition gouvernementale sont venus fêter la nouvelle. Parmi eux, Andrei, un quinquagénaire qui a fait le déplacement depuis le département de Cantemir, au sud de Chisinau : « c’est un jour historique pour notre pays ! C’est la fin de trois ans de galère, trois ans où les investisseurs et les autres pays regardaient avec inquiétude la crise politique qui nous frappait. On ne connait pas vraiment Timofti mais ce sera un bon président. Ce n’est pas un habitué des petites guerres politiciennes ».

Il aura fallu de nombreuses tractations en coulisses pour que Nicolae Timofti soit finalement élu. Une fois encore, l’équation n’était pas simple. Alors que les 39 députés de l’opposition communiste (PCRM) promettaient de boycotter le scruter, les 58 élus de l’Alliance pour l’intégration européenne (AIE) avaient besoin des voix d’au moins trois des quatre parlementaires indépendants, transfuges du Parti démocrate libéral et du PCRM.

« Rien n’est fait  !, prévenait 
le politologue Igor Botean avant le vote. « Les députés 
de l’AIE sont divisés. Ils s’accusent mutuellement de corruption, et la candidature de Timofti ne fait pas l’unanimité   »... Grâce à la constance des députés de la majorité et aux quatre voix des députés indépendants, la prophétie ne s’est donc pas réalisée.


Le livre de référence, toujours disponible sur notre Boutique en ligne :
La République de Moldavie, un État en quête de nation
Éditions Non Lieu, septembre 2010, 448 pages, 25 euros.


Toutefois, la Moldavie n’est pas encore sortie d’affaire. Le résultat doit encore être validé par la Cour constitutionnelle et le PCRM, qui estime que des législatives auraient dû être convoquées fin 2011, envisage de faire invalider le scrutin. « Le pouvoir a été usurpé », dénonce Artur Resetnicov, l’un des dirigeants de ce parti. « Les droits des citoyens sont violés systématiquement. Nous réclamons la dissolution du Parlement et des législatives anticipées ».

Vendredi après-midi, des milliers de communistes manifestaient bruyamment dans Chisinau, faisant craindre des débordements.