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Le Courrier des Balkans

Croatie : 66 réfugiés en perdition débarquent à Dubrovnik

De notre correspondante à Split
Sur la Toile :
Mise en ligne : mercredi 4 juillet 2012
Lundi 2 juillet, 66 clandestins sont arrivés dans le port de Dubrovnik. Leur bateau, un voilier de 25 mètres battant pavillon inconnu, était à la dérive au large de l’île de Mljet. Il a été tracté par les gardes-côtes croates. Ils sont hébergés par la commune de Dubrovnik, mais nul ne sait vers quel pays les renvoyer, l’origine du bateau étant inconnue.

Par Claire Vallet

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Le port de Gruž et le pont Franjo Tudjman
(©CdB/Claire Vallet)

Le voilier Maria Drink, battant pavillon inconnu, avec à son bord 66 réfugiés, a finalement accosté au port de Gruž, à Dubrovnik, le lundi 2 juillet à 17h30 après 7 jours de mer.


Retrouvez notre dossier :
Immigration clandestine : les Balkans, antichambre de l’UE


Les passagers auraient embarqué en Grèce et sont originaires de plusieurs pays (notamment d’Afghanistan, de Syrie, de Somalie et d’Egypte). Ils ont tous moins de 30 ans, les plus jeunes étant deux adolescents de 14 et 15 ans.

Le moteur du voilier de 25 mètres, d’une capacité théorique de dix passagers, est tombé en panne. Les tentatives de réparation ont été vaines, et sans vent, l’avancée quasi nulle. Le voilier dérivait ainsi deux jours.

C’est le 1er juillet à 9h du matin que Dubrovnik a reçu leur appel à l’aide. Un avion militaire PC-9 est envoyé de suite en reconnaissance. De midi à 16h, un cargo de marchandises turc, de passage dans les eaux internationales où se trouve le voilier, les assiste et leur fournit eau et nourriture.

Vers 22 heures, les gardes-côtes croates arrivent sur place, au large de l’île de Mljet, à 47 miles de Dubrovnik, et à 7 miles seulement de la limite des eaux italiennes.

Selon la réglementation internationale, nul ne peut procéder à l’acheminement d’un voilier sans le consentement du capitaine, ou comme ici, en l’absence de capitaine déclaré, de la personne la plus âgée à bord. Et ce n’est que le 2 au matin, après une nuit de discussions rendues difficiles par la barrière de la langue, que les réfugiés renoncent à poursuivre vers l’Italie et acceptent d’aller accoster à Dubrovnik, évitant ainsi d’aggraver une situation encore gérable.

Au port, les attendaient deux médecins pour vérifier leur état de santé (correct malgré un fort état de fatigue), l’entreprise Sanitat pour désinfecter le voilier et la police pour établir leur statut et les mesures à suivre.

Ils sont hébergés dans un entrepôt désaffecté des Chemins de fer sous le pont Franjo Tuđman. Dès lundi, ils ont reçu des paniers repas, des couvertures et des kits d’hygiène personnelle.

Les autorités ne connaissant pas le port d’origine où ils pourraient être renvoyés, la procédure prendra sans doute plus longtemps que les deux nuitées assurées par la ville qui offre également les premiers repas.