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Kosovo : Pristina veut interdire l’usage du terme de « Metohija »

Traduit par Jacqueline Dérens
Sur la Toile :
Mise en ligne : mardi 10 juillet 2012
Les autorités du Kosovo considèrent que l’usage du terme de « Metohija » serait anticonstitutionnel. C’est ainsi que les Serbes appellent la région qui s’étend de Peć/Peja à Prizren, d’un nom qui rappelle l’importance des possessions monastiques dans la région. Rada Trajković, députée serbe au Parlement du Kosovo, dénonce une logique de « génocide culturel ».
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Après une liturgie dans le village de Velika Hoća, en Metohija

Rada Trajković, députée serbe au Parlement du Kosovo, a informé par lettre les ambassades étrangères à Pristina que les autorités ont qualifié « d’anticonstitutionnel » le terme de « Metohija », qui désigne une région spécifique et qui fait partie de l’appellation complète du territoire selon la Constitution serbe.

Dans sa lettre, Rada Trajković explique que l’utilisation de ce mot ne peut pas soulever de controverse politique puisqu’il ne comporte aucune connotation négative envers la population albanaise du Kosovo et Metohija. Ce terme « Metohija » n’a jamais été utilisé à des fins de propagande politique ou d’incitation à des conflits interethniques, mais la députée rappelle que ce terme a une connotation historique et religieuse très importante.

Pour elle, ce mot exprime le rapport identitaire des Serbes du Kosovo à leur mère patrie. Le terme de Metohija est d’origine grecque et désigne « la terre administrée par les monastères », en référence à la multitude de lieux sacrés orthodoxes dans la région.

Selon Rada Trajković, « il est évident que les autorités albanaises du Kosovo ont bien conscience de la minceur de leur lien culturel et historique avec ce territoire, aussi ont-elles recours à des méthodes qui relèvent du du génocide culturel pour masquer cette réalité ».

Dans une déclaration à l’agence de presse Tanjug, Rada Trajković a expliqué qu’elle demandait au nom du parti de la Liste serbe unifiée que « cette tentative de supprimer les droits et les libertés des Serbes soit abandonnée ». Elle a ajouté que des ambassades l’avaient informée qu’elles prenaient sa lettre en considération et qu’elles adopteraient une position sur cette question.

Rada Trajković a aussi indiqué qu’au cours d’une séance au Parlement, on l’avait empêchée de parler parce qu’elle utilisait le nom complet serbe de la province : Kosovo et Metohija. Après avoir informé l’ambassade des États-Unis de cet incident, elle a été de nouveau autorisée à utiliser ce terme « controversé ».

La réaction de Radmila Trajković fait suite à l’annonce par les autorités de Pristina que les partis politiques qui utiliseraient des termes « anticonstitutionnels » dans leur appellation ne seraient plus enregistrés légalement au Kosovo.