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B92
Serbie : Tomislav Nikolić plaide pour un « compromis » sur le KosovoTraduit par Stéphane Surprenant
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Publié dans la presse : 10 juillet 2012
Mise en ligne : jeudi 12 juillet 2012
« Je ne serai jamais reconnu comme Président à Pristina, les autorités de Pristina ne seront jamais reconnues à Kosovska Mitrovica ». Par cette déclaration inattendue, le président serbe Tomislav Nikolić a relancé les spéculations sur une éventuelle partition du Kosovo, tout en plaidant pour que la Serbie ait une position « commune et forte » sur le sujet.
Le Président Tomislav Nikolić a déclaré mardi 10 juillet 2012 qu’il fallait trouver un consensus sur la question du Kosovo - ce qui signifie que les autorités serbes doivent avoir une position commune et unique au sujet des pouvoirs à concéder aux institutions intérimaires en place à Pristina - c’est-à-dire les autorités albanaises du Kosovo - et des frontières sur lesquelles l’État serbe doit camper au Kosovo. « Je pense que je ne serai plus jamais Président à Pristina, mais le Président des autorités intérimaires au pouvoir à Pristina ne sera jamais non plus un président accepté à Kosovska Mitrovica », a-t-il déclaré aux journalistes, en parlant du nord du Kosovo. En effet, la majorité serbe y rejette la légitimité du gouvernement kosovar, de même que la proclamation unilatérale d’indépendance faite par les Albanais du Kosovo en 2008. D’après le Président, l’État serbe doit parvenir à un consensus sur « ce qu’est le Kosovo » et sur la façon de traiter avec lui. Il a insisté sur le fait que la Serbie avait besoin d’une position unifiée pour définir les limites dans lesquelles les institutions intérimaires de Pristina pourront gouverner, les frontières que Belgrade devra défendre, ainsi que la manière de réagir au cas où Pristina tenterait d’établir son autorité sur la totalité du territoire de la province. Tomislav Nikolić a ajouté que la position de l’Église orthodoxe serbe du Kosovo, des enclaves serbes du sud et des quatre municipalités serbes du Nord, dans leurs rapports avec les autorités de Pristina, restaient à définir, tout comme la future position de la Serbie dans les réunions internationales et les conditions que posera Belgrade pour y participer. « Il faut décider que le Kosovo est nôtre, il faut que le gouvernement et l’opposition adoptent une position unique, parce que c’est la seule voie pour être en position de force », a souligné Tomislav Nikolić. Lorsqu’on lui a demandé si les critères dans les relations avec le Kosovo avaient changé, le Président serbe a répondu que l’idée que la Serbie établisse « de bonnes relations avec l’État voisin du Kosovo était déjà dans l’air ». « Personne ne doit nous faire un dessin ou nous dire ce que nous devons faire », a-t-il poursuivi. Ceux qui ont reconnu l’indépendance du Kosovo souhaitent que cette indépendance soit complète, a observé Tomislav Nikolić. « Nous, qui n’acceptons pas cela, et qui avons été élus par la population, voulons que cela ne se produise jamais », mais « si nous demeurons chacun de notre côté, les pourparlers seront vains ». Il a ajouté qu’il était important pour les deux parties de s’asseoir ensemble et de faire des efforts pour rapprocher leurs positions respectives. Les journalistes ont demandé à Velimir Ilić, chef du parti Nouvelle Serbie, allié des Progressistes (SNS) de Tomislav Nikolić, si ces déclarations du Président serbe « évoquaient une partition éventuelle du Kosovo ». « Peut-être que le Président de la Serbie savait quelque chose que d’autres ne savent pas », a-t-il répondu avant de conclure : « tout ce que le précédent gouvernement a signé concernant le Kosovo doit être respecté ». |
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