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Nord du Kosovo : « la Serbie doit retirer ses agents de renseignement »

Traduit par Jacqueline Dérens
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 17 juillet 2012
Mise en ligne : mercredi 18 juillet 2012
Depuis l’été 2011 et l’aggravation de la situation dans le nord du Kosovo, la communauté internationale fait pression sur la Serbie pour qu’elle démantèle les structures parallèles. Le dernier coup de semonce vient de Washington qui a réclamé, conjointement avec Berlin, le retrait des agents de renseignement serbes.

Par Tamara Spaić

Officiellement la Serbie n’a pas de forces de sécurité dans le nord du Kosovo, mais tout le monde sait que 300 à 400 employés du ministère de l’Intérieur serbe y travaillent. Les services étrangers estiment qu’entre 1.000 à 2.000 agents de renseignement sont en poste. Berlin et Washington ont demandé à Belgrade de les retirer.


Retrouvez notre dossier :
Kosovo : le nord est toujours une zone de tension 


« Les États-Unis sont prêts à aider et veulent aider, mais il faut que Belgrade arrête de maintenir des structures de sécurité et judiciaires parallèles dans le nord du Kosovo », vient de déclarer Philip Gordon, le représentant américain qui a récemment rencontré Tomislav Nikolić, Ivica Dačić et Aleksandar Vučić à Belgrade.

Selon la résolution 1244 du Conseil de Sécurité des Nations unies, la Serbie aurait dû envoyer des policiers au Kosovo avec la communauté internationale. Au lieu de cela des structures policières, judiciaires et des tribunaux ont été mis en place de manière non officielle. Les bureaux de ces structures sont installées dans des appartements particuliers sans aucun signe particulier.

Pourtant, comme le fait remarquer l’analyste militaire Aleksandar Radić, la Serbie a toujours eu le soutien de la communauté internationale quand elle agissait légalement.

« Les structures illégales ne sont pas une solution. Les forces de sécurité serbes au Kosovo posent un sérieux problème politique et des problèmes de de sécurité. En demandant à la Serbie de les retirer, les États-Unis accusent Belgrade de mener une politique agressive en continuité avec celle menée dans les années 1990. »

Božidar Prelević, juriste et ancien ministre de la Police dans le gouvernement transitoire de 2000-2001, estime que la demande des États-Unis signifie qu’à leurs yeux la Serbie aide ceux qui créent des incidents et des conflits avec les forces de la Kfor et de l’Otan.

Cette requête sera l’une des questions les plus épineuses que le nouveau gouvernement serbe aura à affronter. Ce retrait de la police serbe du nord du Kosovo est d’une importance cruciale non seulement pour la population serbe, mais aussi pour toute la région et il aura un impact sur les négociations concernant le statut du Kosovo.