
![]()
|
Le Courrier de la Bosnie-Herzégovine
Accords frontaliers : la Croatie va-t-elle céder la péninsule de Klek et deux îlots à la Bosnie-Herzégovine ?De notre correspondant à Sarajevo
Sur la Toile :
Mise en ligne : jeudi 2 août 2012
La Croatie va-t-elle céder à la Bosnie-Herzégovine les îles de Mali et Veli Školj, ainsi que l’extrémité de la péninsule de Klek, qui ferme le golfe de Neum, comme le prévoit un accord signé en 1999 ? Pour Zagreb, il s’agirait de « dédommager » par avance Sarajevo, hostile à la construction du pont de Pelješac et au passage de l’autoroute de Dubrovnik par l’enclave bosnienne de Neum.
Vesna Pusić a rencontré dimanche Zlatko Lagumdžija, son homologue bosnien, à Motovun, en Istrie : les deux ministres ont parlé des controverses toujours ouvertes entre les deux gouvernements. Ces rectifications frontalières seraient l’une des conditions imposées par Bruxelles sur la voie de l’intégration européenne. La ratification tardive de l’accord de 1999 pourrait être aussi une sorte de « compensation » de Zagreb envers Sarajevo, pour adoucir l’opposition des Bosniens à la construction du fameux pont de Pelješac. C’est du moins l’opinion du HDZ (opposition), qui a accusé le Premier ministre Milanović de « brader le territoire national croate ». Le chef du gouvernement n’a pas démenti l’existence d’un lien entre ces deux questions, mais il a souligné que « l’accord avait été signé il y a treize ans... Nous voulons seulement travailler à son application, ce qui a été rendu impossible jusqu’à maintenant par des empêchements de nature politique ». Pour Zoran Milanović, « cette démarche est nécessaire pour créer un bon dialogue entre les deux pays ». « Je n’entends pas vendre le territoire croate », a-t-il affirmé. « Notre objectif principal est de relier Dubrovnik au reste du pays », ce qui passe par l’édification du pont contesté reliant la péninsule de Pelješac au continent. De son coté, Zlatko Lagumdžija a déclaré que « il n’y avait aucune raison pour refuser les termes de cette entente, qui est dans l’intérêt de nos deux nations ». Cependant, la ratification de l’accord s’annonce déjà très difficile : pour être approuvé, il devra recueillir une majorité de deux tiers au Sabor, le Parlement croate, ce qui semble pratiquement inenvisageable. |
Dans le même journalSur les mêmes thèmesÁ lire également |