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Albanie : impasse parlementaire et appel à un référendum populaire

Traduit par Mandi Gueguen
Sur la Toile :
Mise en ligne : mercredi 8 août 2012
Pour poursuivre son rapprochement européen, l’’Albanie doit adopter une loi remettant en cause l’immunité juridique des élus et des hauts fonctionnaires. Lundi, après huit heures de débats houleux, le Parlement s’est séparé sans vote. L’opposition socialiste avait décidé de boycotter le vote tout en restant dans la salle. La majorité pourrait choisir de faire passer la loi par référendum.

Le dernier à avoir pris la parole dans cette séance marathon a été le Premier ministre Sali Berisha. Après avoir qualifié de « blocage nuisant au pays » l’attitude du Parti socialiste, il a accusé les députés de l’opposition de montrer le même comportement qu’au temps des communistes. Le Premier ministre en a appelé à un référendum populaire sur la question de l’immunité des hauts fonctionnaires.


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Albanie : cette interminable crise politique


Si l’opposition socialiste renâcle autant à l’adoption de la loi permettant la suppression de l’immunité pour les hauts fonctionnaires, c’est notamment à cause de la date choisie. « Le 6 août est une date décidée de manière arbitraire par la majorité. L’opposition a insisté pour que le vote sur la question de l’immunité mais aussi sur un ensemble de modifications à apporter à la constitution ait lieu en septembre 2012. Ces modifications concernent le système de la justice et notamment la nomination des juges du tribunal constitutionnel », expliquent les socialistes.

Pour la majorité, dirigée par le Parti démocratique, l’Albanie se trouve dans l’impasse, alors qu’elle espère obtenir le statut de candidat à l’entrée dans l’UE à l’automne 2012. La date du 6 août est conforme, selon les démocrates, au règlement du Parlement. Sali Berisha rend l’opposition socialiste responsable du blocage. Selon lui, si cette dernière campe autant sur sa position contraire à la suppression de l’immunité pour les députés, ce serait pour protéger les « députés millionnaires » qu’elle compterait.

La majorité envisage de demander la convocation d’un référendum populaire après avoir réuni les signatures nécessaires qui seront déposées auprès de la Commission centrale électorale. Ce sera ensuite à la Cour constitutionnelle de s’exprimer en laissant au président de la République le soin de décider de la date du vote populaire.

La suppression de l’immunité est considérée comme une des conditions pour l’obtention du statut de candidat pour l’Albanie de même qu’un pas décisif dans la lutte contre la corruption dans les sommets du pouvoir. La Constitution précise qu’en absence de vote parlementaire, la révision de la Constitution est repoussée d’une année.