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B92/Le Courrier de la Serbie
Serbes du Kosovo : « On vous dira toujours la vérité, quelle qu’elle soit »Traduit par Philippe Bertinchamps
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Mise en ligne : lundi 20 août 2012
« Le Kosovo n’est pas un véritable État, mais il y a des représentants légitimes de la population albanaise, et c’est avec eux que nous parlerons », a déclaré Aleksandar Vulin, le nouveau directeur du Bureau serbe pour le Kosovo, qui a effectué vendredi et samedi sa première visite officielle, en se rendant dans les enclaves de Štrpce, Orahovac et Velika Hoča, mais aussi à Prizren.
Aleksandar Vulin, 39 ans, président du Mouvement des socialistes (PS), fut l’un des fondateurs de la Gauche yougoslave (JUL) aux côtés de Mira Marković, l’épouse du feu Président Milošević. « Je suis d’abord venu à vous pour que vous puissiez voir qu’il n’y a pas de division entre le Sud et le Nord du Kosovo. Je suis ici pour vous dire que vous n’êtes ni oubliés, ni abandonnés », a-t-il assuré lors d’un entretien avec des représentants serbes à Štrpce, dans le Sud du Kosovo, excluant d’emblée la possibilité d’une partition du Kosovo. Interrogé sur le thème de la sécurité, Aleksandar Vulin a promis que le Bureau gouvernemental renforcerait sa présence dans la région. « Si vous demandez qui protège les Serbes du Kosovo, en particulier au sud de la rivière Ibar, je vous répondrai… personne. Sauf nous, dans la mesure de nos possibilités. S’il n’y avait pas la Serbie, croyez-vous qu’ils survivraient ? Je ne peux pas garantir leur sécurité, mais je peux leur assurer une vie meilleure et plus juste », a-t-il déclaré à Vesti, un quotidien serbe basé à Francfort. Aleksandar Vulin a également insisté pour que la communauté internationale assume ses responsabilités : « C’est avec la plus grande indignation que nous recevons tous les jours des comptes rendus d’attaques, de bastonnades, de tentatives de meurtre et d’assassinats de Serbes retournés vivre au Kosovo. Nous ne comprenons pas que la communauté internationale et tous ceux qui se sont portés garants d’une vie normale au Kosovo ne puissent trouver une once de justice en faveur des Serbes ». Concernant l’avenir des négociations entre la Serbie et le Kosovo, le chef du Bureau gouvernemental serbe a assuré que, pour la première fois depuis 12 ans, les Serbes du Kosovo auraient voix au chapitre. Il a également plaidé pour une plus grande participation des Nations unies. « L’initiative du Président Tomislav Nikolić d’impliquer l’ONU dans les négociations est la seule solution, et il n’y en a pas d’autres, a-t-il insisté. Les Serbes ne font pas confiance en la mission EULEX, ou très peu. Ses membres ne peuvent d’ailleurs même pas se déplacer dans le Nord. Il ne reste donc que la MINUK et la KFOR. » Lors d’un entretien à B92, Aleksandar Vulin a souligné que les négociations « techniques ou politiques » devaient être menées « globalement et non partiellement » par les plus hautes personnalités de l’État. S’il a admis que Belgrade serait prête à faire des concessions « pénibles » pour les Serbes, il a assuré qu’il était hors de question de franchir la « ligne rouge », c’est-à-dire reconnaître l’indépendance du Kosovo. « Tant qu’il y aura des Serbes au Kosovo, ce dernier ne sera pas un État indépendant », a-t-il tranché. |
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