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Serbie : pour la Cour constitutionnelle, les mouvements extrémistes ont droit de cité

Traduit par Marie Dhumieres
Sur la Toile :
Mise en ligne : lundi 19 novembre 2012
Sollicitée par le Parquet, la Cour constitutionnelle de Serbie a refusé d’interdire des organisations extrémistes faisant la promotion d’idées haineuses, estimant qu’il n’y avait « pas de raisons suffisantes » de le faire. Une décision qui suscite colère et stupeur parmi les défenseurs des droits de la personne.

En rejetant une requête du Parquet demandant l’interdiction des organisations extrémistes « 1389 » de Belgrade, « Naši » d’Aranđelovac et « Naši 1389 », la Cour constitutionnelle de Serbie envoie de manière indirecte un message clair : propager la haine raciale, religieuse et nationale, n’est pas contraire à l’ordre constitutionnel, ni à la constitution, ni à la loi.

C’est ainsi que s’est exprimée Maja Mičić, directrice du réseau Initiative des Jeunes pour les Droits de l’Homme (YIHR) en réaction à la décision de la Cour Constitutionnelle. La cour a jugé qu’il n y avait « pas de raison suffisante » pour interdire ces organisations. Elle a également estimé que le Parquet n’avait pas réussi à démontrer que ces organisations représentaient une menace pour l’ordre constitutionnel.


Retrouvez notre dossier :
Serbie : hooliganisme et extrême droite, une menace constante 


« Ces décisions de la Cour Constitutionnelle de Serbie sont dangereuses parce que le message qu’elles transmettent est que la violence envers autrui, ceux qui sont différents, est légal et légitime en Serbie. Cette décision est vraiment surprenante et décevante », a déclaré Maja Mičić.

Mais selon les dirigeants de « Naši », cette décision prouve surtout que le mouvement a « toujours agit en accord avec la Constitution serbe, protégé les intérêts serbes, les citoyens serbes, et leurs principes. »

Une liste noire des ONG

« Naši » a récemment publié une liste noire de dix-sept organisations non-gouvernementales, et demandé aux autorités locales de les interdire car elles sont, selon eux, « inconstitutionnelles ». La liste comprend des organisations telles que Amnesty International et le Centre de Décontamination culturelle à Belgrade, qui avait accueilli en octobre une exposition controversée à l’occasion de la gay-pride.

Selon l’avocat Rajko Danilović, la Cour Constitutionnelle a, par sa décision, « remis l’anti-fascisme en question. Le temps nous dira si c’était une erreur ou un choix délibéré de la cour. »

La Cour a justifié sa décision en indiquant que les mesures prises par le gouvernement face à ces organisations « ne représentaient pas une réponse adéquate de la part d’une société démocratique ».

Milan Antonijević, directeur de JUKOM (Comité d’avocats pour la défense des droits de l’homme, a pour sa part espéré que le gouvernement saurait réagir après cet avertissement.

Par ailleurs, la Cour d’appel de Belgrade a suspendu en fin de semaine dernière le jugement de Mladen Obradović, leader du mouvement d’extrême-droite Obraz, estimant les preuves contre lui insuffisantes. Il avait été condamné à dix mois de prison pour discrimination raciale et propagande homophobe.