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Macédoine : l’opposition réclame la démission du gouvernement

Traduit par Jaklina Naumovski
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 29 décembre 2012
Mise en ligne : dimanche 30 décembre 2012
Rien ne va plus depuis les échauffourées de lundi dernier qui ont marqué la séance du Parlement, lors du vote du budget 2013. Samedi, plusieurs milliers de Macédoniens ont manifesté à Skopje à l’appel de l’opposition pour demander la démission du gouvernement. La Macédoine n’est plus « un État de droit, ni un État démocratique », a lancé le chef de l’opposition (SDSM), Branko Crvenkovski, qui réclame la réduction des déficits publics. Dans ce pays où le chômage frappe 31% de la populations, le budget 2013 prévoit 2,7 milliards d’euros de dépenses et 2,4 milliards d’euros de recettes.

Depuis les manifestations du lundi 24 décembre, la situation en Macédoine n’est plus tout à fait pareille et semble même incompréhensible : attaques verbales, batailles à coups de slogans et de campagnes publicitaires, infos et intox à tout va… Entre les deux partis rivaux, le VMRO-DPMNE du Premier ministre Nikola Gruevski et le Parti social démocrate (SDSM) de Branko Crvenkovski, la guerre est ouverte et le citoyen macédonien ne s’y retrouve plus. À chaque argument de l’un, l’autre répond du tac au tac. Ce qui a mis le feu aux poudres ? L’adoption du budget 2013 au Parlement.


Retrouvez notre dossier :
Macédoine : l’heure du réveil civil ?


Depuis une semaine, l’opposition a promis de manifester tous les jours dans les rues de la capitale afin de dénoncer « l’État de non droit et la mort de la démocratie en Macédoine ». Elle estime en effet que plusieurs articles de la Constitution ont été violés lors de l’adoption du budget 2013.

Samedi, la coalition Union pour l’avenir, qui rassemble divers partis de l’opposition, a organisé un rassemblement devant le siège du VMRO-DPMNE, en réponse aux protestations organisées sciemment par ce dernier devant le siège du SDSM les semaines précédentes. Le but : manifester contre « l’effondrement de la démocratie et le viol de la Constitution ».

Les dirigeants de cette coalition ont annoncé qu’après les fêtes de fin d’année, c’est-à-dire à compter de mercredi prochain, ils poursuivront les manifestations tous les jours, de 18 heures à 19 heures, à Skopje et dans toutes les autres villes du pays, où ils y tiendront des « parlements populaires ».

« La Macédoine n’est plus un État de droit, ni un État démocratique »

« Depuis lundi dernier, le peuple entier est confronté à ce choix : ou bien nous acceptons de baisser la tête, ou bien nous nous levons tous et nous battons pour notre liberté et notre démocratie. Au SDSM et au sein de l’Union pour l’avenir, nous avons déjà fait ce choix depuis longtemps. Il n’y a pas de marche arrière possible », a déclaré le dirigeant du SDSM, Branko Crvenkovski.

Selon le président d’honneur du Parti libéral et premier Président du Parlement, Stojan Andov, « lundi, au sein du Parlement macédonien, la démocratie a été abolie et c’est une session anticonstitutionnelle à huis clos qui s’est déroulée ». D’autres dirigeants de petits partis politiques, comme Andrej Zernovski du LDP, Goran Misovski du NDSP et Stojance Angelov du parti Dignité, se sont également exprimés et ont dénoncé le régime autoritaire qui gouverne actuellement le pays.

La manifestation de samedi, qui a rassemblé quelque 2.500 personnes, s’est déroulée dans le calme et sans aucun incident ; elle était encadrée par les forces de l’ordre qui avaient bloqué une partie des rues adjacentes permettant un défilé sans heurts.

La population, de son côté, est excédée par toute cette pression – surtout médiatique - qui s’exerce sur elle : journaux télévisés acquis à la cause du gouvernement, spots publicitaires à longueur de journée, les uns vantant les réalisations positives du gouvernement et les autres attaquant l’opposition et son chef de file… Cependant, elle reste passive au milieu de cette confusion générale. Peur ? Indifférence ? Résignation ? Ou bien soutien au gouvernement ? Difficile à dire… Le gouvernement, lui, ne fléchit pas. Il raille au contraire l’opposition, taxée de vouloir renverser le pouvoir par la force, faute d’y parvenir par les urnes.

Les représentants des ambassades et organisations internationales, qui se déclarent préoccupés par l’image et les signaux désastreux que la Macédoine envoie à l’UE et l’OTAN, ont appelé au dialogue et au retour de l’opposition au sein du Parlement.