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Le Courrier des Balkans

Kosovo : Shpend Ahmeti, l’homme qui pourrait enlever la mairie de Pristina à la LDK

Par notre correspondante à Pristina
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Mise en ligne : samedi 30 novembre 2013
Dimanche 1er décembre se tient à Pristina le second tour des élections législatives. Bastion traditionnel de la Ligue démocratique du Kosovo (LDK), la capitale du Kosovo pourrait bien être enlevée par un nouveau venu. Ancien de Harvard, tête de liste de Vetëvendosje, Shpend Ahmeti suscite la sympathie de larges franges de la population de Pristina.
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Shpend Ahmeti

Un chauffeur de taxi de Pristina s’est amusé à demander à ses clients le nom du futur maire de la capitale du Kosovo. Si ses pronostics s’avèrent exactes, ce sera Shpend Ahmeti. L’homme a fait un master de politique publique à l’université de Harvard, et c’est l’une des raisons pour lesquels les citoyens de Pristina ont décidé de voter pour lui. Après avoir dirigé le think tank « Gap », Shpend Ahmeti a fondé la parti politique Nouvel esprit (Fryma e Re, FER), qui n’a finalement par récolté des résultats suffisants aux élections législatives pour se maintenir. Il est désormais le vice-président du parti Vetëvendosje, une formation dirigée par Albin Kurti.

Si Pristina est depuis la fin de la guerre un bastion de la Ligue démocratique du Kosovo (LDK), Shpend Ahmeti pourrait contester la victoire habituelle du parti créé par Ibrahim Rugova. Au second tour, Isa Mustafa, le candidat de la LDK, devra compter sur la sympathie sans cesse grandissante que suscite son dynamique rival. Selon les analystes politiques, Shpend Ahmeti dispose en effet de propositions concrètes pour améliorer la vie dans la capitale du Kosovo. Ces idées, Shpend Ahmeti les a détaillées lors de débats télévisés et lors de rencontres avec les citoyens de la ville : améliorer la qualité et la distribution de l’eau, résorber le chaos urbain, palier au manque de crèches, améliorer la qualité de l’enseignement primaire et secondaire et prendre soin des 35.000 personnes qui subsistent grâce à l’assistance sociale. « Nous ne promettons pas de distribuer des millions d’euros mais nous avons promis de nous occuper des problèmes des citoyens », a-t-il déclaré.

Un rapport de l’institut Démocratie pour le développement a cependant souligné les points faibles d’Ahmeti : son manque d’expérience politique et son ralliement récent à Vetëvendosje, alors que son ancienne formation politique présentait un programme politique largement libéral. S’il devenait un jour maire de Pristina, nul doute que son image ne correspondrait pas tout à fait à celle, plus radicale, de Vetëvendosje.

Pour Ahmeti, le deuxième tour des élections municipales qui se tient dimanche 1er décembre est un face à face entre le passé et l’avenir, entre des gens qui conduisent la même politique depuis des années et une nouvelle équipe qui apporte des idées novatrices. Shpend Ahmeti enseigne les politiques économiques internationales à l’Université américaine du Kosovo. Il vit à Pristina avec son épouse et ses deux enfants.